
Date de sortie du coffret : 14.04.2026
Editeur : Elephant Films
Sushi Typhoon - Edition spéciale - Coffret 14 DVD
L’intégrale des 14 chefs-d'œuvre de la collection Sushi Typhoon qui ont révolutionné le genre Grindhouse réunis dans un seul coffret Ultra Collector 14 DVD !
1. Death Trance - 2. The Machine Girl - 3. Tokyo Gore Police - 4. RoboGeisha - 5. Samurai Princess - 6. Vampire Girl vs Frankenstein Girl - 7. Helldriver - 8. Gothic & Lolita Psycho - 9. Karate-Robo Zaborgar - 10. Tomie Unlimited - 11. Yakuza Weapon - 12. Dead Ball - 13. Zombie Ass - 14. Dead Sushi
Pour public averti
Réalisateur : Yoshihiro Nishimura
Scénaristes : Yoshihiro Nishimura, Daichi Nagisa
Casting :
Yumiko Hara : Kika
Eihi Shiina : Rikka
Kazuki Namioka : Kaito
Yûrei Yanagi : Taku
En 2010, Yoshihiro Nishimura sort Helldriver dans le prolongement direct de Tokyo Gore Police et The Machine Girl. Le réalisateur et maquilleur de formation enfonce le clou. Deux ans de préproduction, quinze jours de tournage, 2 500 plans, 850 retouches numériques. Ces chiffres (qui vous sont donnés dans le making of en bonus du DVD) résument mieux que tout discours sur ce qu'est Helldriver : un film fabriqué à la force du poignet, dans l'urgence et avec conviction, soutenu par une équipe qui a tout donné.
Une météorite s'écrase sur le Japon. Elle libère un virus qui transforme la moitié de la population en zombies. La lycéenne Kika survit de justesse à l'attaque de sa mère, qui lui arrache le cœur et un bras avant de devenir la reine des morts-vivants. Kika sera sauvée. Désormais équipée d'un cœur artificiel et d'une tronçonneuse greffée au moignon, elle a une mission à remplir : traverser le Japon contaminé et décapiter sa propre mère.
La mise en scène ne laisse aucun répit. Le montage enchaîne les plans à un rythme infernal. Chaque scène de combat est construite comme une chorégraphie sanguinolente et humoristique, avec des mouvements de caméra nerveux qui couvrent l'action au plus près. Ce rythme de fou furieux reflète les conditions de tournage (cf. making of). Deux semaines et autant de plans, personne ne prévoit ce tempo normalement. Ça ne laisse pas le temps de souffler, ni derrière la caméra ni devant. L'énergie brute du plateau se transfère à l'écran sans filtre. Cela veut dire que la première prise est souvent la seule qui sera utilisée.
Les effets spéciaux mêlent prothèses en latex, mannequins pour les démembrements et retouches numériques dans un bricolage cohérent. Yoshihiro Nishimura aime ce registre artisanal. L'esthétique du fait main, des masques et du sang qui gicle est une déclaration de soutien inconditionnel au genre. L’utilisation de mannequins sur la scène dans laquelle Kika et sa mère se mettent des coups de poing est très réaliste à l’image. Dans le making of, vous découvrez l’utilisation de mannequins en latex à la place de la tête et les encouragements de Yoshihiro Nishimura pour frapper toujours plus fort. Le rendu visuel est impressionnant de réalisme.
La direction artistique oscille entre le post-apocalyptique industriel et un carnaval gore. Les zombies sont grotesques, difformes, ils ressemblent davantage aux créatures d'un manga underground qu'aux morts-vivants du cinéma classique. La bande-son suit la même logique de collision : valses macabres, déflagrations metal. Le contraste entre la violence à l'image et certaines plages musicales presque entraînantes est un procédé récurrent chez Yoshihiro Nishimura. Il déstabilise, il vous maintient dans un état d'alerte inconfortable.
L’actrice Yumiko Hara porte le film. Son personnage de Kika traverse une trajectoire qui va de la vulnérabilité à une rage froide. Elle incarne le traumatisme avec une intensité qui tient même quand les effets spéciaux prennent le dessus. Eihi Shiina, en mère-reine zombie, impose une présence surnaturelle qui dépasse le simple rôle de faire-valoir monstrueux. C'est leur duel qui constitue les fondations de l’histoire du film : une relation mère-fille déglinguée, traversée par une réplique qui résume à elle seule le délire du scénario : « Tout ce qui sort de moi m'appartient. »
L'humour noir est permanent, toujours intégré à la violence comme une seconde couche de sens. Comme le fait que l’oncle de Kika précise qu’il est hétéro sur une scène gore que nous vous laissons découvrir, qui est à la fois choquante et drôle.
Et il y a aussi les clins d'œil : la danse de Thriller de Michael Jackson par les zombies, la voiture zombie qui fait penser à Mario Kart. Le combat entre le pick-up et l’oncle de Kika… La référence à Beetlejuice, le Kaiju formé par un amoncellement de corps des morts-vivants. Tout est fou dans ce film. C’est cette absence de limite qui fait la démesure de Helldriver et tout son intérêt.
Le making-of inclus dans le coffret est indispensable pour mesurer ce que représente Helldriver en termes d'investissement humain. Des figurants qui redeviennent techniciens une fois leurs scènes tournées, une équipe qui travaille dans des conditions extrêmes sans jamais perdre l'élan collectif, un réalisateur qu'on entend rire pendant les prises. Tout cela se voit à l'écran. L'énergie communautaire du plateau est littéralement visible dans la texture du film.
Helldriver s'inscrit dans la lignée du J-splatter des années 2000, aux côtés des premières œuvres de Yoshihiro Nishimura lui-même, mais en poussant les curseurs à leur paroxysme. Il partage avec vous la même culture de l'outrance assumée et du gore comme langage. Ce que le film prouve, c'est qu'un budget minimal et une volonté maximale peuvent produire une œuvre singulière et cohérente.
Tiphaine et Xavier