Date de sortie du coffret : 14.04.2026
Editeur : Elephant Films

 

Sushi Typhoon - Edition spéciale - Coffret 14 DVD

L’intégrale des 14 chefs-d'œuvre de la collection Sushi Typhoon qui ont révolutionné le genre Grindhouse réunis dans un seul coffret Ultra Collector 14 DVD !

1.
Death Trance - 2. The Machine Girl - 3. Tokyo Gore Police - 4. RoboGeisha - 5. Samurai Princess - 6. Vampire Girl vs Frankenstein Girl - 7. Helldriver - 8. Gothic & Lolita Psycho - 9. Karate-Robo Zaborgar - 10. Tomie Unlimited - 11. Yakuza Weapon - 12. Dead Ball - 13. Zombie Ass - 14. Dead Sushi 

 

Réalisation   et scénario :   Noboru Iguchi
Casting :
Minase Yashiro : Ami Hyuga
Sugiura Asami : Miki
Nobuhiro Nishihara : Sho Kimura
Kentarô Shimazu : Ryuji Kimura
Ryôsuke Kawamura : Yu Hyuga
Yûya Ishikawa : Suguru Sugihara

The Machine Girl ou la mise en image du gore sous couvert d’une histoire de vengeance.

L'histoire tient sur quelques lignes. Ami Hyuga, lycéenne, perd son frère Yu, tué par la bande d’un fils de yakuzas après un racket malheureusement trop ordinaire. Elle décide de se venger en utilisant les mêmes armes que ses cibles : l’ultraviolence, l’absence de morale ou de pitié. En quatre mots : un deuil, une décision. Ce point de départ minimaliste est le seul ancrage stable du film. Tout le reste relève de l'escalade.

Noboru Iguchi filme avec des effets spéciaux bien réels. Pas de CGI, mais des prothèses, du latex, des hectolitres d'hémoglobine artificielle. Cette contrainte artisanale donne au gore une texture physique. Le sang tache l'objectif, colle aux décors, imprègne chaque plan. La caméra en permanence s'approche, insiste. Les séquences de démembrement sont filmées au plus près avec des gros plans sur les plaies béantes et sanguinolentes.
La scène des trois ninjas, en particulier, atteint un équilibre improbable entre horreur corporelle et humour absurde. Une référence aux films d'action des années 80 complètement dévoyée, qui fonctionne exactement pour cette raison. Avec au passage, très certainement un clin d’œil à Indiana Jones pour le ninja qui va se faire peler jusqu’à l’os. Une scène particulièrement amusante.

Le montage suit la même logique : coupures sèches, rythme intense, aucun temps mort. Noboru Iguchi vous prive de recul. Mais le film ménage des pauses malgré tout, avec des moments pleins de sincérité où est mise en avant la difficulté de faire son deuil et de continuer à vivre malgré la perte d’un être cher. Comme lorsqu’Ami trouve le cahier de son frère. Ces moments ne durent pas, mais ils existent. C'est là que le film évite de tomber dans l’écœurement. Sugiura Asami, qui joue Miki, la mère d’une des victimes et qui va devenir l'alliée d'Ami, apporte la même qualité d'émotion contenue. Les deux actrices ancrent le récit dans une douleur réelle que le reste du film s'emploie méthodiquement à ensevelir sous le gore. Et cela au point de se demander par moments si la croisade d’Ami n’est pas bien pire que le meurtre initial. Mais comme tous les personnages trucident à tour de bras et n’ont aucun remord, cette vague vengeresse ne s’arrête jamais.

Le scénario de Noboru Iguchi ne cherche pas la complexité. Les yakuzas sont des archétypes, les motivations sont évidentes, la structure est linéaire. Ce choix est délibéré : tout ce qui ralentirait l'escalade est éliminé. La vengeance est mécanique et c'est précisément ce que le titre annonce.

The Machine Girl n'est pas le plus sophistiqué de ces films, ni le plus ambitieux. Mais il est l'un des rares à tenir ensemble deux choses a priori incompatibles : une violence poussée jusqu'à l'absurde, et une émotion qui n'est jamais complètement noyée dedans.

Un film extrême. Préparez-vous à une expérience où tout est permis. Avec comme unique règle : anéantir l’ennemi.

 

Xavier