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Le samedi 18 octobre 2025 fut notre journée la plus intense de cette deuxième édition du Festival Mauvais Tours, dédié aux cinémas de l'imaginaire, en proposant une programmation dense et variée qui a pleinement exploité, les Cinémas Studio pour les projections et l'Espace Joséphine Baker pour les masterclass. Dans cette atmosphère chaleureuse et ouverte où les barrières entre invités et spectateurs s'effaçaient naturellement, nous avons pu profiter de belles surprises. Le festival, en défendant une vision débridée du genre, a su garder une dimension humaine tout en invitant des artistes talentueux.

La matinée a démarré en douceur à 10h30 avec une rediffusion de Planètes de Momoko Seto aux Cinémas Studio, cette animation franco-belge de 76 minutes vous fait découvrir un voyage cosmique pour quatre akènes de pissenlit rescapés d'une apocalypse et projetés dans l'espace à la quête d'un sol fertile. Cette œuvre poétique et visuellement très maitrisée permet à chacun de se laisser porter par un film sans parole qui possède un message écologique subtil. Lien vers notre chronique plus complète du film : cliquez ici

https://youtu.be/NHttl3HUy0g?si=uyXreMF-uFiEDyCT
À 13h00, Hérésie de Didier Konings (dont le titre original est Witte Wieven qui signifie Dames Blanches). Selon wikipedia « Dans la mythologie et les légendes du bas-saxon néerlandais , les Witte Wieven (ou Wittewijven ) sont des esprits de « femmes sages » (ou d'êtres elfiques ). Cette mythologie remonte au moins à l'époque préchrétienne (VIIe siècle) et était connue dans les régions correspondant aujourd'hui aux Pays-Bas , à la Belgique et à certaines parties de la France . Dans certains endroits, elles étaient appelées Juffers ou Joffers (« dames »), ou encore Dames Blanches en français. » https://en.wikipedia.org/wiki/Witte_Wieven
Un film fantastique néerlandais de 61 minutes, qui nous a plongé au cœur d’un village médiéval superstitieux, où une femme accusée de stérilité noue un pacte avec une entité de la forêt. Ce récit oppressant sur la foi, le maléfice, le patriarcat et l’image de la sorcière nous a séduit par son atmosphère lourde et le traitement de l’image. Lien vers notre chronique plus complète du film :prochainement

Puis, à 14h00 à l'Espace Joséphine Baker, la masterclass tant attendue d'Alexandre Aja a rempli la salle. Le réalisateur, invité d'honneur et pionnier du renouveau horrifique français avec Haute Tension, a retracé son parcours, de ses débuts fulgurants à Hollywood (La Colline a des yeux, Piranha 3D, Crawl) jusqu'à ses explorations plus poétiques (Horns, Oxygène). Dans un échange détendu et passionné, Alexandre Aja a partagé sa philosophie : mêler adrénaline pure et profondeur émotionnelle, tout en repoussant les limites du genre. Cette heure a été un moment d'inspiration pure pour les fans.

La Transcription des échanges :
Nicolas Martin
Parfait. Et bien bonjour, bonsoir à toutes et à tous. Oui oui si vous voulez, allez-y, on est très contents évidemment. Troisième jour de festival, Résa, 51 et surtout un peu d'applaudissements pour Alexandre Alba, c'est le plaisir d'être ici, merci de vous ensemble, vous êtes là, on est vraiment très fiers et très heureux et ravi. Je vous rappelle qu'Alexandre viendra à nouveau ce soir à la Nuit Maléfique qui présentait un film, on lui a proposé de faire une carte blanche et il viendra vous raconter tout son amour pour Chromosome 3 de David Cronenberg avant de diffuser l'incroyable alligator Wink Wink. Ce n'est pas lui qui l'a choisi. Alors la question que je me suis posée en préparant cet entretien, c'est à dire qu'est-ce qu'on va pouvoir se dire encore avec Alexandre parce qu'on a fait 27 interviews ensemble donc on s'est déjà beaucoup dit de choses mais comme c'est le mauvais tour, j'ai travaillé un peu et je vais tenter un pari un peu fou. Je vais tenter de te poser des questions qu'on ne t'a jamais, quasiment jamais posées, quasiment. Je tente?
Alexandre Aja
Est-ce que je te dis si?
Nicolas
Non, ne me dis pas. En revanche, toi tu dois me faire des réponses que tu n'as jamais faites avant. C'est ça le deal. Donc on va essayer pour la masterclass de se concentrer sur la fabrication, sur ta pratique, sur comment libérer, comment ça a évolué et le regard que tu portes aujourd'hui sur ton travail. Mais pour commencer, évidemment, il y a une personne très importante dans ta classe cinématographique, c'est la rencontre avec Grégory Levasseur très tôt au collège. Il paraît que vous avez les CAF du Vouvray, n'ont pas de secret pour vous.
Alexandre Aja
Mais alors les caves, peut-être pas parce qu'on était vraiment, c'était onze ans, douze ans, treize ans. Mais non, c'est vrai, il avait une maison de famille à Vouvray et on a passé pas mal de vacances ici à regarder beaucoup, de films. Il y avait un petit vidéoclub qui n'était même pas un vidéoclub juste à côté où en fait toutes les jaquettes étaient dans une sorte de grand classeur comme ça. On a évidemment absolument vu les 300, 400 films qu'il y avait. Et puis après on venait ici pour le vidéoclub et c'est vrai que ça a été des années collège, lycée, évidemment un petit peu une source pour haute tension parce que maison isolée, au milieu des champs, c'était évidemment plein de. ça donnait, ça développait l'imagination.
Nicolas
Alors justement l'imagination, moi je suis toujours intéressé sur d'où ça vient, est-ce qu'il y a un point de départ, est-ce qu'il y a une étincelle qui allume la mèche ? Tu dis, alors j'ai fait un peu de digging dans tes vieilles interviews, je loue Shining par accident à 7 ans et je découvre le pouvoir des images. Je sais que j'aurais dû l'arrêter mais je ne peux pas bouger, ce sentiment d'être complètement avalé par l'image va me pousser à faire ce cinéma là. Tu peux nous raconter cette expérience, c'est un trauma complet ce Shining à 7 ans.
Alexandre Aja
C'est vraiment un trauma mais on a très jeune 7 ans ouais mais alors j'ai beau en fait pour des raisons personnelles j'ai aucun doute sur l'année parce que je bon bref c'est des trucs de famille voilà et je sais que j'ai un vidéo club rue d'Alésia où j'habite et je vais à ce vidéo club seul je passe beaucoup de temps à regarder et c'est vrai que je me souviens d'avoir loué donc c'était Superman 2 ou 3 et d'avoir eu la mauvaise cassette. En fait, les jaquettes sont vides, les boîtes sont vides et donc la cassette a été mise dedans par accident. Et c'est vrai qu'il y a eu un truc où je commence à regarder le film, je sais très vite que ce n'est pas Superman et qu'il y a un problème. Mais en même temps, le début de Shining, il n'est pas ultra traumatisant, mais il se passe quelque chose. avec la musique, plein d'hélicoptère, le climat, Nicholson dans la voiture, doublé par Trintignant, donc un double Nicholson. Nicholson vraiment très double impact, exactement. Non mais je suis un grand défenseur, j'adore la version française d'Orange Mécanique et de Shining parce que Trintignant fait un travail exceptionnel pour Malcolm Mcdowell et pour Nicholson. on a vraiment un truc en plus. Voilà. donc je regarde le film et le film est évidemment pas du tout du tout du tout quelque chose que je comprends en fait. Il y a une sorte de grammaire de l'image où j'ai jamais vu des films comme ça encore et plus j'avance plus je sais qu'il faut que j'arrête mais je ne peux pas. Il y a ce côté un petit peu Elliot dans ET où on est paralysé, la voix ne sort plus et C'est la vraie terreur nocturne, mais éveillée devant un magnétoscope. Et c'est quelque chose qui évidemment a réveillé, qui a développé. J'étais assez à cauchemar et tout ça, donc ça a continué à développer. C'est sûr que ça m'a orienté quelque part vers ce signal.
Nicolas
Tu dirais que justement, c'est quelque chose que tu as essayé de recréer, de stupeur, de stupéfaction, de se rendre compte qu'en fait, quand on a peur, on s'enfuit pas, on est paralysé, on a peur?
Alexandre Aja
En fait, c'est vraiment ça. Oui, c'est ça. Et c'est surtout où tu trouves le comment faire l'instinct d'aller arrêter ou de continuer à regarder, de dépasser ta peur. C'est toutes ces questions qui commencent à ce moment-là et qui sont ce qu'on essaie évidemment de recréer dans les films, dans certaines scènes, on essaie toujours de pas de choquer pour choquer, mais de créer une sorte de. Il y a une grande différence quand on raconte une histoire qu'on imagine avec nos propres images et des images qu'on nous impose et les images qu'on nous impose, elles créent une sorte de choc parfois parce qu'on ne s'attend pas à une image comme ça. Et c'est ça aussi le cinéma, c'est à dire aussi d'essayer de trouver des images qui, si on te racontait la scène, tu dirais Ah ouais, c'est horrible, mais tu l'as, tu réussirais à l'adoucir quelque part avec tes propres images. Mais si on t'impose des images que tu n'attendais pas, c'est là où ça devient peut être plus intéressant. Et ça ouvre en fait ton choix parce que ces images deviennent les tiennes. Et en découle une autre, une autre vision, d'autres idées et une autre imagination qui se crée.
Nicolas
Ça fait penser comme ça, très spontanément, à cette ouverte à la brutalité extraordinaire d'ouverture de haute tension. Alors il y a Furia avant, mais Haute Tension, c'est le premier gros projet que tu mènes, que tu écris avec Grégory. C'était vraiment, ça participe de cette intention, c'est-à-dire d'aller, de pousser immédiatement les potards extrêmement loin à une époque où c'est plus tellement l'habitude de l'horreur d'aller dans cette brutalité immédiate.
Alexandre Aja
C'est presque une réaction parce qu'il y a un décalage fin des années 90. On se retrouve à avoir peu de plaisir au cinéma sur les cinémas de genre et d'horreur. En fait, on est vraiment dans une sorte de d'air post Scream où il y a beaucoup, de d'ironie dans le slasher et de répétition. Et finalement, les vrais chocs, nous, on les retrouve avec les VHS, avec les films des années 70-80, avec le West Craven, non pas de Scream, mais de La dernière maison sur ma gauche, avec le Tobe Hooper de Massacre à la tronçonneuse, avec le Diamostic de Maniac. Et c'est tous ces films là qui nous amènent une sorte de vrai. On parlait du choc de Shining avant. qui nous amène ces mêmes sensations. Donc évidemment quand avec Greg on se dit qu'on a envie de faire un vrai film de terreur et de peur et qu'on commence à penser à haute tension, évidemment on revient sur ce cinéma là et on ignore en fait tout ce qui est en train de se faire. Et on se dit finalement est-ce que c'est cette lettre de dommage ou ce message dans une bouteille à ce cinéma là ? est-ce que ça passera encore aujourd'hui ? Nous, en tant que spectateur, on a vraiment envie de retrouver ça sur un grand écran. Donc on a essayé, puis il s'avère que ça a marché. Mais ce n'était pas une évidence parce qu'en effet, ce n'était pas un cinéma qui était pas qui était, qui existait à ce moment-là avec la force de cette époque.
Nicolas
Pour pouvoir suivre ce fil de haute tension. Donc encore une fois, c'est un premier projet. On a beaucoup de choses dans un premier projet parce qu'on ne sait pas s'il y a un suivant. Moi, j'ai le souvenir, c'est rigolo parce qu'il y a quelqu'un, on l'a vu. Express avec Thomas Cotto qui est ici, on était morts de trop. C'est l'Express à Paris, il y avait l'erreur du patient, ça faisait quatre quatre quatre quatre DX en réel.
Alexandre Aja
Oui, pas pour une salle qui était même pas en stéréo. La pire salle avec celle du Rex, ça avait une salle aussi atroce. qui étaient les dernières salles. Heureusement, le Parent Express n'existe.
Nicolas
Plus. Néanmoins, ça marche très fort et dès le départ, tu as cette volonté, parce qu'il y a plein d'hommages, mais il y a le remake de la scène de Maniac, qui est vraiment un des moments les plus forts de la scène où on pousse l'époque. Dès le début, c'était tout de suite, tu l'as voulu, pourquoi ce film-là déjà ? Pourquoi pas rendre hommage à Shining?
Alexandre Aja
C'était en fait le Haute tension a commencé avec plusieurs différentes directions, mais une des directions c'était cette scène-là, en particulier de Maniac, où on avait l'impression qu'il y avait non pas juste un suspense qui continuait, continuait, continuait, un petit peu à la Brian de Palma reste qui. Il y avait une sorte d'extension du temps et c'est ça. Le cinéma peut être formidable. Parfois, c'est justement de créer une scène qui fait quelques secondes où on va traverser un couloir, va en faire quelque chose de beaucoup plus long et de pesant. Mais c'était surtout le sentiment dans le film de Lustig où on pensait que ça allait. On pensait qu'il allait être là, qu'il est là et puis jamais là, jamais là et on repousse et on repousse, on repousse. Et c'est vrai que ce sentiment là, c'est ce stress qu'on a ressenti quand on a regardé Maniac pour la première fois, on avait envie d'en faire un film. Voilà, c'était l'ADN qu'on cherchait pour créer tension.
Nicolas
Autre autre image dont tu parles, fondatrice, les nazis qui fondent dans l'arche perdu.
Alexandre Aja
Alors ça, c'est quelques années avant Shining, donc il a commencé vraiment tôt, mais ça, c'est un accident. Et c'est je n'ai pas vu le film entier. Je suis vraiment, c'est à dire que j'ai poussé la porte où il y avait des ados beaucoup plus vieux que moi qui regardaient l'arche perdue. Et je suis arrivé au moment où les visages font et je me suis retrouvé bloqué et c'est ça m'a Ça m'a pas mal traumatisé aussi à ce moment-là. Et bon, il y a des images comme ça où je pense qu'on a tous eu une expérience à tous. C'est ce moment où, en fait, on est confronté à des choses qu'on n'arrive pas à interpréter et qui vont rester comme ça, ancrées et gravées dans notre mémoire.
Nicolas
Le double accouchement dans la série V ou elle a le lézard qui sort. Quelques mauvaises nues après. C'est intéressant parce que des hautes tensions, il y a aussi quelque chose d'assez singulier dans ton cinéma. Tu parles aussi de la Sorcière de Blanche-Neige, on peut pas non plus faire de la psychanalyse tout de suite, mais haute tension, oxygène, crawl, motherland, beaucoup d'héroïne dans tes films et tu dis dans une interview vraiment qu'il y a quelque chose qui en toi dans ces personnages là transcende le genre. Pourquoi est-ce que pourquoi est-ce que tu écris plus facilement ? Pourquoi t'as plus envie de donner le lead à des personnages féminins que des personnages masculins ? est-ce que tu as des?
Alexandre Aja
Pistes là-dessus ? Alors c'est une question à laquelle je n'ai pas une vraie réponse parce que c'est une question. Je me pose encore aujourd'hui beaucoup et je me la pose avec beaucoup d'honnêteté sur la place de la complaisance. dans le choix d'une héroïne féminine et le rôle d'une héroïne féminine dans le cinéma de genre en général. Mais bon, ça c'est presque un sujet à part et une autre conversation. Je ne suis pas sûr d'être la meilleure personne pour être au cœur de cette conversation. Mais c'est vrai que moi, je me suis toujours identifié et j'ai toujours adoré, que ce soit Ripley ou Clarisse ou vraiment, c'est des personnages qui, pour moi, étaient les meilleurs dans le survival. Évidemment, il y avait aussi délivrance, il y en avait, il y en avait d'autres, mais il y avait quand même une, comment dire, une force, une résilience que je trouvais plus, qui avait plus de, comment dire, de un éventail d'émotions d'orama. Le reine était beaucoup plus, plus important et c'est et c'est quelque chose qui était un peu une évidence que je n'ai pas vraiment questionné et mais je me suis jamais mis dans une position de oui, c'est tellement, c'est presque un exercice et je sais qu'il y a beaucoup de réalisateurs et beaucoup de cinéastes de genre qui ont qui mettent le personnage féminin comme proie au cœur vraiment d'une, que ce soit même Hitchcock. Il y a. J'ai jamais eu vraiment ce sentiment de le faire de ce sens-là. Beaucoup de projets dont on parle me sont arrivés écrits en termes de scénario où le personnage était déjà un personnage féminin. Mais aujourd'hui, je me pose quand même la question. Je me dis voilà, même si j'ai essayé de ne pas tomber parce qu'on est quand même dans une sorte de de monde ou d'industrie ou par exemple, quand j'étais en train de faire crawl, les producteurs et même le studio, et pas simplement des mecs aussi, des femmes me disaient et c'est pourquoi elle n'a pas un débardeur, pourquoi elle n'est pas plus sexualisé ? Et c'est quelque chose auquel j'ai résisté parce que je pensais que c'était important ce personnage là. En tout cas, il n'avait pas sa place dans ce film. pour que pour qu'elle soit sexualisée dans ce sens-là. Mais ça continue. En fait, c'est quelque chose qui est vraiment et donc je me questionne et je questionne aussi ce cinéma sur cette ambivalence, sur d'abord évidemment ce désir de résilience, mais aussi parfois peut être cette ce regard sur Comment dire de voir la souris dans le labyrinthe, se faire prendre un piège. C'est un petit peu cette. Je ne sais pas si j'ai répondu, mais il y a un.
Nicolas
Il n'y a pas eu de réponse, nous sommes libres, on est entre nous, personne n'écoute. Il y a ceci de passionnant finalement avec la peur, avec l'épouvante, c'est que d'ailleurs, d'une certaine manière, un peu comme le rire, la peur est individuelle. On n'a pas tous peur des mêmes choses, on a chacun nos peurs, alors il y a quelques peurs universelles. Bref, c'est quoi la tienne ? C'est quoi ? C'est la sorcière, sa possession, moi c'est l'homme à l'âge par exemple, moi j'avais peur qu'un mec qui vienne avec la barque, Anthropophagus lui dit trop tôt, qui massacre mes parents grâce à la C'est le curé qui racontait que les gens s'étaient fait tuer. Il n'y avait pas. Bien sûr, je vais juste. C'est quoi la tienne?
Alexandre Aja
Moi, j'en ai beaucoup aussi. J'ai eu beaucoup de choses liées à des deuxième guerre mondiale, de trucs horribles, de tri, de côté un petit peu locaux. Ça c'est vraiment traumatisant en termes de récit. Quand on est vraiment petit derrière, c'est des peurs. où bizarrement j'ai l'impression que je suis meilleur client sur le surnaturel que sur le réel, alors que j'ai fait beaucoup plus de réel que de surnaturel. Mais je continue, je continue quand même. Hier quand je suis rentré, Là, après le soir à l'hôtel, j'ai quand même regardé sous le lit.
Nicolas
Ah oui, donc les peurs continuent à être très présentes.
Alexandre Aja
J'ai quand même besoin de vérifier.
Nicolas
Donc le monstre sous le lit, c'est une.
Alexandre Aja
Ouais, le monstre sous le lit, juste quelqu'un sous le lit. Oui, c'est ça reste, ça reste, ça continue à me. Mais bon, c'est rien, c'est juste.
Nicolas
Derrière le rideau, dans la lumière allumée.
Alexandre Aja
Placards, lignes, toutes les pièces.
Nicolas
Tu t'en défiles, des pièges à clous, un peu de verre. Est-ce que tu es effrayé par ce que tu tournes ? Est-ce qu'il y a des scènes, par exemple de toutes les scènes que tu as tournées, il y en a une qui te font encore la truie aujourd'hui?
Alexandre Aja
Alors pour être honnête, je ne crois pas que j'ai au tournage, parce que c'est tellement particulier un tournage. J'ai vu des acteurs, et en particulier pour avoir travaillé beaucoup avec des enfants, ou la frontière entre le réel et le tournage, entre le tournage et l'imagination, en tout cas la projection du réel qu'on peut créer justement sur un tournage. est devenu trop fine. On a dû arrêter de tourner. On a dû rassurer les enfants parce que c'était trop intense. Moi, j'ai une telle pression de la montre de l'équipe de finir que c'est très difficile. Alors je sens quand quelque chose marche. Je vois que ça peut marcher. je vois quand je saisis une expression ou une interprétation de jeu qui me semble authentique. Là, j'ai l'impression que ce n'est pas quelqu'un qui joue à avoir peur, mais qui a vraiment peur. Donc ça, c'est ça, c'est plutôt ça marche. Mais j'ai le sentiment de peur. J'ai plus à l'écriture quand je suis seul à écrire. Évidemment, il y a des moments où je vais pouvoir me faire un peu peur tout seul, parce qu'évidemment, je suis plus dans une introspection dans l'écriture qui me pousse à percevoir en fait ce que j'ai écrit d'une manière plus réaliste.
Nicolas
Et justement c'est intéressant ça puisque tu l'évoques. Comment est-ce que, puisque évidemment, l'un des leviers des mécaniques de la peur au cinéma, c'est l'empathie qu'on a avec le personnage qui est effrayé. Comment est-ce que tu travailles ça avec tes comédiennes ou avec tes comédiens ? On sait que dans l'histoire du cinéma d'épouvante, il y a des méthodes plus ou moins brutales pour que les comédiens soient sous tension jusqu'à des extrêmes comme Shaming, etc. Comment toi, tu appréhendes ça justement avec tes équipes ?
Alexandre Aja
Tous les acteurs et actrices sont sont vraiment différents. Et je pense que le rôle d'un réalisateur, c'est de identifier pas trop tard, d'identifier le plus tôt possible quel quel genre de méthode va marcher avec un acteur. Il y a des acteurs à qui il faut montrer physiquement, même si on a un très mauvais acteur soi-même, ce qu'on attend l'idée. Voilà, il y a des acteurs qui me suivant. Ah oui, il y a déplacement ou je sais pas, mais Bon, des fois ça marche. Des acteurs à qui il faut expliquer vraiment les motivations les plus profondes derrière, sans parler des dialogues. D'autres à qui il faut dire plus fort, moins fort, plus lentement, plus rapidement. Des acteurs à qui il ne faut rien dire, et attendre le bon moment pour parler. Des acteurs qui ont besoin d'une concentration sur le plateau, où vraiment il y a besoin, d'autres qui ont besoin de déconner jusqu'au moment où on dit action. c'est vraiment ça aussi de réaliser, c'est de s'adapter aux acteurs à qui, avec qui, parce que c'est finalement le film. On a beau écrire le meilleur film possible, on a beau avoir la meilleure lumière possible, les meilleurs effets possibles, si les acteurs sont pas bons, il n'y a pas de film. Donc c'est vraiment ça le cœur de ce qu'on raconte, c'est vraiment l'interprétation, parce que Ce n'est pas simplement le monstre ou le danger qui doit faire peur, c'est notre identification avec la personne qui court pour échapper à ce danger qui est le plus important.
Nicolas
C'est la massacre à la tronçonneuse et la fuite la perpétuelle. Justement sur toujours sur pour rester sur ces mécaniques de la peur, donc on commence avec haute tension le remake de la colline des yeux où tu cherches vraiment une violence très brute, très explosive, très voilà très visuelle. C'était il y a quelques années maintenant, ça a évolué. Comment, comment, comment tu vois maintenant avec un peu de recul et comment tu continues aujourd'hui à appréhender ce rapport à l'épouvante puisque encore une fois, c'était plus tout à fait le même aujourd'hui qu'hier?
Alexandre Aja
C'est bizarre parce que c'est vrai que la colline, ça fait 20 ans. Haute tension, ça fait encore plus et j'ai presque l'impression de pas les avoir fait. En fait, il y a une sorte de détachement comme ça dans le passé. Donc j'ai je les regarde avec plus de recul aujourd'hui. j'ai pas l'impression parce que souvent on a l'impression que on avance et puis on s'assagit, on fait de moins en moins de corps un peu viscéral ou de violence. Mais c'est le sujet en fait. Je pense que si je tombais sur le bon sujet aujourd'hui et si ce sujet-là demander un recours à des chocs visuels et de la violence frontale très forte. Je n'hésiterai pas une seconde. Je ne suis pas dans une sorte de "Oh là, j'ai été trop loin à l'époque, je n'aurais pas dû faire ci, je n'aurais pas dû comme faire ça." Mais en même temps, c'est vrai que vos tensions à la colline étaient en fait tensions à la colline font partie presque du même mouvement. En fait, j'ai vraiment Quand on a commencé à écrire La Colina des Yeux, on était vraiment dans la. continuer en fait ce qu'on avait commencé avec Haute Tension.
Nicolas
Mais du coup, j'ose, une approche un peu analytique ou historique, on a quand même le sentiment quand on regarde le gradient entre Haute Tension et Motherland qu'on passe du plein cadre à Hors-champ. C'est vrai ou c'est un effet d'optique ? Alors, dans Nooserland, on est dans leur champ plein pot pour le coup. Oui, mais la menace extérieure à l'image?
Alexandre Aja
Oui, pour d'autres raisons, c'est qu'on est dans des raisons de questionnement de la réalité de ce qu'on est en train de voir. C'est à dire que ce n'est pas le même. Encore une fois, un survival, c'est avant tout une expérience. C'est est-ce que vous allez survivre à cette expérience ? Et donc, pour survivre à cette expérience, il faut aussi voir ce que voit le protagoniste. Il faut aussi appréhender avec la même réalité. Moi, j'ai l'impression que l'artifice, il vient de ne pas me montrer ce que le personnage regarde. C'est presque le contraire. C'est que tout d'un coup, ça me raconte autre chose. Donc oui, il y a un petit peu plus dehors champs parce que si on est plus dans le surnaturel ou dans une autre, dans un autre type de peur. mais en même temps sur Kroll, alors Kroll ne justifiait pas non plus un gore extrême, mais en même temps on ne se retient pas, on y va.
Nicolas
Est-ce qu'il t'est déjà arrivé d'avoir à épurer en quelque sorte une scène, c'est-à-dire de te retrouver en montage ou en post-prod, de te dire J'ai poussé les potards trop loin. Il faut que je reconstruise, il faut que je supprime, il faut que je sois moins frontal. Ou est-ce qu'il y a des souvenirs comme ça d'un moment ou dans un film ou tu as quand même changé in fine ce que tu avais prévu au départ?
Alexandre Aja
Alors malheureusement, La colline a des yeux. La version qui est sortie au cinéma a été légèrement censurée de trois ou quatre minutes, ce qui est beaucoup sur un film, donc la version qui est sortie en Blu-ray, en DVD, qui a été exploité après, et la version intégrale. Donc oui, à chaque fois il faut évidemment, il y a la censure a évidemment une place malheureusement, et des fois on est obligé, on n'a pas le choix de devoir recouper un petit peu. Mais Dans Haute tension, il y avait un moment où ce qui était prévu, par exemple quand le petit garçon s'échappe dans le champ de maïs, il y avait, c'était pas prévu de faire cette lumière dans le champ de maïs qu'on a tourné finalement et la scène, c'était lui qui devait arriver, le fusil qui se posait sur sa tête et sa tête qui explosait sur la caméra. Ça répond bien à ma question ? Exactement. Donc là, mais on n'a pas tourné la scène, on n'a pas tourné l'explosion de la tête sur le sur le sur la caméra, mais on a quand même. On s'est posé la question et finalement on en est arrivé à cette ce flash. On a quand même le canon du fusil qui se pose sur la tête de cet enfant et le top shot. Voilà. Donc c'était c'était un autre moment sur la colline où on a eu l'idée d'une autre scène pour changer un petit peu dans l'original. de West Craven, il y avait déjà ces perruches dans la caravane avec le personnage de Lizard, qui est un des habitants des collines, qui débarquait, qui a attrapé sa petite perruche, qui lui arrachait la tête et qui faisait un jet de perruche pressée. Et nous, on avait l'idée que Brenda, la petite sœur, avait peut être des chatons. Voilà pourquoi il fallait pas la faire. Exactement et donc on avait cette idée où Lizard rentrait, il n'y avait pas de perruche donc il prenait les petits chatons, il les mettait dans le blender, c'est-à-dire le mixeur et il versait un peu de lait et on avait le petit chaton qui grattait la vitre pour repartir en mix-chaton. Voilà et on en a parlé avec Wes et c'était un peu la limite en fait. C'est pour moi ou c'est pas cher avec toi ? Alors pas loin pas loin non mais c'était c'était la limite et c'était une limite assez surréaliste parce que son argument c'était mais tu te rends pas compte il y a des gens qui vont essayer de le faire et c'était bah non pourquoi et pas pour pourquoi pas les perruches donc voilà donc on est resté sur les perruches.
Nicolas
Tu dis dans plusieurs entretiens que globalement tout va mal à chaque tournage. Tu dis, texto, chaque fois que tu crois que quelque chose a fonctionné c'est le contraire qui arrive. Vraiment?
Alexandre Aja
C'est comme un survival, c'est le principe du bon survival, c'est-à-dire que tu dis on va prendre la porte qui est là pour s'échapper et évidemment au moment où on arrive il se passe un truc qui est bloqué, on est obligé d'aller de l'autre côté. Les tournages c'est toujours un peu la même chose. Peut-être pas de manière aussi catastrophique, mais il y a une intensité sur certains tournages où il faut tenir le temps et où il y a des problèmes tous les jours. On parlait du rôle du réalisateur qui est de s'adapter aux acteurs. Un des autres rôles du réalisateur, c'est de régler des problèmes à chaque minute de la journée. C'est à dire la grue ne marche pas, le projecteur est cassé, il y a une fréquence machin, il arrive en retard, le décor c'est à flotter et tu ne peux pas tourner. C'est toujours, il y en a beaucoup, Et le défi, c'est comment transformer un problème, non pas en un compromis, mais en une amélioration. Alors des fois, peut-être qu'on est dans l'illusion, c'est mieux comme ça pour se convaincre. Mais des fois, on a vraiment le sentiment, on se dit heureusement qu'il y a eu ce problème parce que je n'aurais pas trouvé cette scène sinon incroyable.
Nicolas
Parce que justement, ma question suivante, c'est ce que dans un film, il y a eu justement une panne une erreur de plan de tournage un accident en fait qui a été fécond que tu as gardé qui a changé un peu de ta manière de tourner.
Alexandre Aja
Bah oui alors première à laquelle je pense c'est drôle parce que je l'ai je l'ai croisé à Paris à une à la à une projection du Dracula de Ramon Judé qui est Gabriel qui est l'acteur de radou mais qui est aussi la première victime dans tension dans la voiture moi qui est au début du film et qu'on revoit à la fin et qui se fait massacrer avec la comment dire la scie circulaire oui c'est lui qui conduit la voiture et en fait la tourelle qui fait comment dire, comme l'arrosage automatique avec le sang qui devait le sprinker exactement, s'est détaché pendant la prise et en fait a complètement arrosé la caméra, ce qui n'était pas du tout prévu. La caméra était protégée, donc la caméra, l'objectif a été recouvert de sang et donc ça a donné une prise incroyable où finalement le sang a recouvert de l'image avant de se dissiper, ce qui donne un subjectif de Maïwenn fabuleux qui est dans le film et qui marche très bien. Mais ce n'était pas prévu. C'était vraiment un accident. La caméra était complètement imbibée de sang, si bien que quand elle est partie sur un autre tournage, la production de l'autre film nous a appris. On a une caméra qui saigne. On a un problème de mécanisme, mais en tout cas, oui, c'est ce genre de ça, c'est un petit accident après Il y en a, il y en a évidemment d'autres. Et puis il y a évidemment de sur. Je n'en ai pas un qui vient, mais ça va me revenir pendant qu'on se parle.
Nicolas
On a encore un peu de temps. Un tournage cauchemardesque. versus un tournage idyllique. Le pire de tous, c'était crol, mais c'est temps que tu as beaucoup dit que ça avait été vraiment très compliqué.
Alexandre Aja
Honnêtement, je ne sais pas. Je pense qu'il y a un top 3 qui est la colline parce qu'il faisait 50 degrés. dans le désert. Le piranha qui a été extrêmement extrêmement difficile aussi physiquement.
Nicolas
Pour quelle raison?
Alexandre Aja
Pour trop de fêtes. C'est pas vrai, c'est pas vrai, c'est pas ça, c'est pas pour ça. Non non, c'était vraiment aussi la chaleur, l'eau et beaucoup de monde, une tempête qui a cassé tous les bateaux, plein de choses qui vont tourner sur l'eau ou dans l'eau. Et évidemment, Crawl pour les mêmes raisons. C'est vraiment pour moi les trois, les trois plus difficiles. Mais après, à chaque fois, chaque fois, les tournages restent compliqués. Après, il y en a quelques-uns qui se sont extrêmement bien passés où il n'y a pas eu de problèmes majeurs comme Hans. Il n'y a pas eu trop de problèmes à part un livre qui a été malade à un moment donné, c'était pas non plus. Et puis non, non. Il y a Drax ou Drax, ça s'est bien passé, mais dans la gauche aussi, c'était plutôt plutôt. C'est toujours intense, il y a toujours un challenge. Il y a toujours un doute, il y a toujours, c'est jamais. C'est un moment qui est toujours agréable, en même temps, qui c'est vraiment une touche froide à chaque fois parce qu'on a des problèmes et des. Mais il y a une addiction à ça aussi, l'addiction aux emmerdes et il y a et c'est réglé.
Nicolas
Alors, il y a quelque chose sur lequel j'aimerais t'entendre, c'est que, encore une fois, la peur c'est une construction, c'est la gestion d'une sorte de métronome ou de tempo de la tension, de la tension qui monte, etc. et c'est très particulièrement significatif dans les films. Comment est-ce que ce tempo narratif tu le travailles ? Les silences, les ruptures, c'est des scénarios, c'est au montage, c'est sur le plateau, enfin comment tu penses, c'est monté en tension de violence et de l'épouvante. Comment tu le travailles?
Alexandre Aja
C'est vraiment au scénario. Au départ, c'est vraiment sur le scénario, sur l'écriture du scénario ou il faut prendre le temps de d'écrire en fait l'élongation du temps. C'est des moments très importants où il ne faut pas dire on fera ça au tournage. Il faut au contraire, si la scène doit être lente dans sa construction, dans le suspense, dans la montée de tensions, il faut aller chercher tous les inserts, il faut les décrire, il faut avoir ce côté presque une ligne, un plan qui va qui va permettre de visualiser en fait à l'écriture la scène. Ensuite sur le tournage, moi je travaille beaucoup en comment dire en master, c'est-à-dire ce n'est pas des plans séquences, mais je pars du principe que si une position de caméra couvre une action, si cette action-là est couverte avant ce que j'avais pensé et qu'elle continue après, je me dois de tourner en entier. Donc ça me permet de laisser les acteurs rentrer plus dans le jeu, mais ça me donne aussi du matériel sous différents angles qui peuvent être assez intéressants. Et c'est là où, évidemment, ça me donne beaucoup plus de matériel au montage pour pouvoir créer et écrire cette grammaire qui doit à chaque fois un peu se réinventer pour pouvoir surprendre, parce que nous, quand on voit des évidemment on vient avec un bagage de cinéphile. On sait comment ça marche, on a une sorte d'anticipation, on ne vient jamais voir un film sans rien apporter soi-même, surtout sur le cinéma de peur et donc on a toujours le sentiment qu'on sait ce qui va se passer et ça marche quand on est sur lui.
Nicolas
Et du coup ce master tu le tournes juste avec une seule caméra ou est-ce que tu travailles aussi ? immédiatement sur le plateau avec plusieurs caméras en simultané pour ensuite avoir un peu la main au montage.
Alexandre Aja
Alors j'ai toujours deux caméras, mais j'en utilise deux de moins en moins en fait. J'ai toujours au moment où on commence, c'était vraiment une sorte de base, on a deux caméras, mais aujourd'hui, de plus en plus, je travaille principalement avec une caméra, une deuxième sur certains plans si ça se justifie, ou sinon j'envoie cette deuxième caméra faire d'autres choses en même temps.
Nicolas
Est-ce que tu as une scène en tête particulière dans un de tes films qui serait justement une sorte de passage pivot que tu as beaucoup travaillé comme un point de tension, un point de rupture structurelle, quelque chose qui ferait vraiment basculer le film ? Est-ce que tu as quelque chose qui te vient à l'esprit?
Alexandre Aja
Dans Crawl, en fait, il y avait un défi, c'est-à-dire que le film s'inscrivait dans une longue lignée d'héritiers des Dents de la mer. et comme beaucoup de ses héritiers, il y en a quelques-uns qui sont très bons, mais énormément de très mauvais, et tous ont fait la même erreur de reproduire toujours la même structure. Alors, Crawl est dans de la mer n'a absolument rien à voir dans la structure, mais je parle en fait sur le principe des films de créatures où on va peu montrer, voire rien montrer, et puis à un moment donné, à la fin, on sait qu'on va avoir dix minutes où on va tout montrer. ce côté, cette musique, cette petite musique qu'on connaît trop et qui est un peu soulante au bout d'un moment parce qu'on voit la même chose encore et encore. Et l'idée dans le script de Crawl, c'est qu'à la 12e page, il y avait une attaque et ce n'est pas un monstre extraterrestre ou une créature, c'est un alligator. C'est quelque chose qui existe, qui est là, ça pourrait être un chien, c'est bon. Et donc on voulait absolument le faire exister, le faire rentrer et avoir en fait cette ce final où on voit normalement la créature à la douzième minute et à partir de là, avoir un changement, tout est possible parce qu'on nous a tout montré frontalement. Donc on peut continuer et on peut aller beaucoup plus loin dans justement l'escalade de tension et de suspense avec cette avec cet alligator.
Nicolas
Alors attention, question chiante. Est-ce qu'il y a un film que tu considères aujourd'hui comme raté ? Chiant.
Alexandre Aja
La réponse facile, c'est.
Nicolas
On a dit réponse originale.
Alexandre Aja
On ne va pas non plus poser trop cette question, mais la réponse facile, c'est mon premier film, notre premier film Furia. qui a beaucoup de gros gros défauts mais en même temps qui a cette naïveté et cette ce côté un petit peu romantique qu'on a quand on a 18 20 ans. voilà qui où j'ai le sentiment quand même de pas avoir été à la hauteur de du texte et d'une nouvelle de Julio Cortastar qui était une nouvelle magnifique Et donc oui, je pense que ce film-là n'est pas le plus réussi. Au-delà de ça, on a eu un gros problème sur ce film-là, c'est que je vis avec la frustration de ne jamais avoir vu le film tel qu'il a été écrit. Le film était écrit dans une construction assez compliquée et peut-être pas du tout digeste de flashbacks. Et on a travaillé avec une monteuse qui était une monteuse d'ancienne école qui ne comprenait pas comment marchait la vide, c'est-à-dire le montage le montage numérique à l'époque, on était en 98 et en fait elle nous a bouffé tout notre temps de montage et quand on s'en est rendu compte et qu'on a dû prendre des décisions parce qu'il y avait plus d'argent, on a pu engager une nouvelle monteuse et cette monteuse avec qui on a travaillé, on a décidé de tout monter dans l'ordre. On n'a jamais vu le film tel qu'il était écrit.
Nicolas
La question c'est pas tellement de lyncher ou de bâcher un de ces films, c'est vraiment de se dire est-ce qu'il y a des leçons en fait d'un truc que tu ne referais plus aujourd'hui parce que tu n'es pas complètement satisfait du résultat avec le recul et qui avait évolué aussi la pratique de réalisateur.
Alexandre Aja
C'est pour ça que je les regarde pas déjà. Pour commencer, je regarde, je revois pas les films parce que c'est à chaque fois tu vois des choses. Pourquoi je fais ça ? Des fois tu te fais avoir, là j'étais à un autre festival il y a quelques semaines et il y avait une rétrospective de plusieurs de mes films et j'ai regardé, j'en ai vu quelques morceaux en fait et tout de suite j'ai vu des choses où en bout de course, j'ai dû accepter d'avaler quelques couleuvres et c'est dommage. Et voilà dans Horns, il y a deux trois moments où je regrette, parce que je me souviens très bien des scènes telles qu'elles étaient juste avant que j'accepte de les réduire, ou bien des moments où ça a été poussé, ou des moments de voix off qui n'ont pas de sens, parce que c'est une voix off qui a été rajoutée en dernière minute. Donc c'est des petites choses comme ça qui, voilà, après en général, je vois un petit peu comme ça dans les festivals les films qui reviennent en signature et ceux qui ne viennent pas. C'est très rare que l'on vienne me demander de signer un DVD de Louis Drax. C'est un peu mon petit album à la citar.
Nicolas
Que tu as apporté d'ailleurs pour nous jouer un petit morceau?
Alexandre Aja
Non, c'est Pourtant, c'est un film que je n'ai pas du tout, que je n'ai pas écrit, mais que j'ai vraiment une grosse grande affection pour et que j'aime beaucoup à plein d'égards. Mais c'est vrai que revoir ces films, on voit évidemment les erreurs. Des fois, c'est des erreurs énormes, des erreurs de casting, c'est des erreurs de direction, des erreurs de musique, de mixage, de plein de choses. Donc c'est difficile parce que, en fait, on n'arrête jamais de travailler sur un film. On se balade comme ça dans une ville, on se dit ça c'est bien pour le comme décor, mais le film est déjà fait.
Nicolas
C'est alors vraiment ping-pong. Tu parles de musique. Moi, l'un des trucs que j'ai adoré dans la haute tension, on va voir avec une haute tension, mais j'y pense maintenant parce qu'il n'est malheureusement disparu. C'est François de Chanfreau qui a fait la musique, qui a fait la musique à l'intérieur aussi, qui est absolument incroyable et qui marque très fort, c'est un peu dans haute tension. On voit La musique n'est pas du tout symphonique et c'est du bruitage qui, d'un seul coup, c'est près du centre design.
Alexandre Aja
En fait, oui, c'est alors il avait signé François sur, haute tension, mais sur. En fait, il se trouve que toute la musique de haute tension n'est pas une musique qui était composée pour haute tension. Oui, non, non, c'est une musique. En fait, c'est des années de travail pour François. où il a en fait développé deux albums qui devaient sortir sur un truc qui a rien à haute tension, qui était un documentaire sur Yves Saint-Laurent. À quel point la musique peut avoir une sorte d'autre vie. Et quand on m'a donné ces deux cd où il y avait cet album, j'ai tout de suite entendu en fait ce que j'avais en tête au moment de l'écriture de haute tension, si bien que a joué sur le plateau, on l'avait au montage, ça a été une évidence en fait. Il y a quelques morceaux qu'il a dû réorchestrer et qu'on a refait un petit peu à la fin du film, mais ça se mariait parfaitement.
Nicolas
Écouter si vous ne connaissez pas les quelques albums malheureusement costumes de François Chanfreau qui sont vraiment magnifiques quand on aime le côté un peu dark ambiant, bruitiste, c'est magnifique. Dans les projets que tu n'as jamais pu faire, est-ce qu'il y en a un que tu regrettes ? Vous avez du temps ? Alors on a tout le temps.
Alexandre Aja
Alors là, c'est j'y pense souvent en fait, c'est vraiment il y a des films qu'on fait et qu'on ne regarde plus parce qu'on ne peut pas les regarder, mais il y aussi tous les films qu'on n'a pas fait et il y en a beaucoup. Je pense que c'est comme ça pour tous les réalisateurs. C'est on passe tellement de temps à les développer, à les écrire, à les préparer, parfois à les designer, à faire la direction artistique, à les caster que quelque part ils sont à peu près faits dans une sorte de d'univers mental, mais il n'existe pas. Donc en fait, c'est des films très personnels parce qu'il y a que voilà, on les a vu, il y a quelques personnes qui ont travaillé dessus, mais donc il y en a eu, il y en a eu beaucoup en fait, il y en a eu.
Nicolas
Beaucoup trop. Et il y en a un en particulier, alors on a les Cobra sur lequel tu as bossé, il y a le Charles Burns si tu voulais adapter avec Gayman, mais il y en a un en particulier dont tu veux parler.
Alexandre Aja
Alors Cobra, Cobra c'est évident. Cobra c'était un rêve, je me souviens pas très bien en 2009 quand un de mes agents m'appelle et me dit dis-moi Cobra ça t'intéresse ? Voilà, moi Cobra et pour toute une génération de 75 85, on va dire, c'est une évidence. En fait, c'était aussi important que la guerre des étoiles. Il y avait quelque chose qui était mon univers de science-fiction. Il était construit sur Cobra et sur et sur le reste, mais Cobra en France en tout cas, et dans beaucoup de pays dans le monde, on s'est approché vraiment de ça que le film se fasse de vers Gasting. On avait avait des intérêts on va dire et non non je peux pas je peux pas je peux pas je peux pas mais alors de l'eau exactement j'ai eu un non non mais c'est c'était c'était c'était il y a il y avait comment dire on était on avait le budget on avait la distribution on avait un chef déco qui avait commencé à dessiner tous les décors on avait dépensé beaucoup d'argent en développement sur des concept arts On avait, on était très avancé en fait sur le film. Et puis tout s'est arrêté sur un changement de direction dans un studio américain où la nouvelle direction a dit, personne ne connaît Cobra aux Etats-Unis, on ne va pas dépenser 130 millions, ça s'arrête. C'est un bout de jeu. Ah oui, de toute façon Cobra, on préfère. Et après, les gardiens de la galaxie ne nous ont pas aidés parce que c'était il y avait quelque chose de très similaire dans l'esprit et puis Star Wars est revenu et puis Besson n'a pas aidé non plus derrière.
Nicolas
Donc on a parlé de Grégory Levasseur avec qui tu bosses depuis le début au scénario et ton chef aussi Maxime Alexandre. Est-ce que tu peux nous raconter un peu comment, parce que vous travaillez, vous avez travaillé je ne sais pas sur la plupart de tes films ensemble, me semble-t-il, une grande partie en tout cas.
Alexandre Aja
Ouais je crois qu'il y a une photo dans le désert voilà comment tu travailles avec lui comment tu travailles la photo est-ce qu'il a un bel scénar enfin raconte-nous un peu cette collaboration bah c'est ça commence en fait sur quand je fais quand je fais Furia j'ai la chance de travailler avec un un immense directeur de la photo qui s'appelle Jerry Fisher voilà qui s'appelle Jerry Fisher qui est qui est qui a déjà à un certain âge à l'époque, il y a 75 ans sur Foria, qui a fait entre autres Highlander, qui a fait tous les films de Joseph Losey, qui a fait beaucoup, de films, qui était Cadreur sur Cléopâtre et Pont de la rivière Kwai. Donc voilà, ça donne un peu l'idée de quel type. Et j'ai vécu cette expérience comme très positive et en même temps extrêmement frustrante. parce qu'il n'y avait pas beaucoup de conversations ou de discussions sur la lumière. En fait, c'était vraiment, il faisait la lumière tel qu'il l'avait lu, tel qu'il l'interprétait, puis il fallait faire avec. Il y avait, c'était assez, comment dire, il y avait un peu un mur et furia a marché du tout. Pendant quelques années, j'ai fait beaucoup de deuxième équipe. C'est là où j'ai rencontré Maxime et avec Maxime, on a, comment dire, développé. En fait, il y a il y avait quelque chose où on faisait la lumière ensemble. Il y avait une collaboration, j'expliquais ce que je voulais, il le faisait, je pouvais lui dire tiens, on va changer ci, on va changer ça, on va le faire différemment. Il n'y avait pas d'ego en fait, on était vraiment là pour fabriquer ça de la même manière que je travaillais avec Greg, on se dit tout, il y a un côté très direct qui est on est tous là pour faire le meilleur film possible et c'est comme ça qu'on s'est rencontré et qu'on a créé cette de ce noyau de famille qui n'a cessé de grandir. Il y a évidemment grec de côté, on voit maquillé dans un dans la colline, qui était le commentaire, le fondateur de KNB, qui est une grosse boîte de commentaires d'effets spéciaux et de maquillage. Voilà qui est devenu le producteur de Walking Dead maintenant, avec qui j'ai fait beaucoup, de films et qui était vraiment à mes mes collaborateurs n'est plus, ne fait plus ça aujourd'hui. Et puis à chaque fois, des nouvelles personnes qu'on rencontre, avec qui on travaille au montage, la musique. Voilà, c'est une famille. Le cinéma, c'est un art familial.
Nicolas
Mais tu dirais par exemple avec Maxime que toi quand tu écris ton scénario, tu penses en plan, tu fais toi-même tes storyboards, tu griffonnes ou pas du tout, tu fais une passe du scénario avec lui pour lui dire là j'ai cette idée de plan, tu lui laisses une marge de manœuvre importante et à un moment donné il a la possibilité de te dire non on va faire ça moi j'ai une idée-là je vois un truc et on fait ça à la place.
Alexandre Aja
Moi je suis toujours ouvert à toutes les idées et d'où qu'elles viennent, c'est ça un petit peu le cinéma, c'est de pouvoir avoir aussi d'avoir des gens qui puissent parler qui l'échange est très important à chaque fois je suis pas du tout voilà j'écoute tout le monde et après je suis un peu le gardien du temple c'est c'est moi qui décide si oui ou non ça se fait mais non en terme de méthode moi je fais toujours la même chose c'est-à-dire que J'essaie vraiment de mettre au maximum de mise en scène non écrite. C'est vrai que je n'ai pas dans les scénarios pour la grue caméra qui fait ci, qui fait ça ? Je ne fais pas du tout. J'essaie de le suggérer par l'écriture pour avoir un sens. Je ne fais pas beaucoup de storyboard. En fait, le storyboard est essentiellement pour les scènes où il y a des effets spéciaux, où il y a des cascades, où beaucoup de départements sont sont impliqués.
Nicolas
C'est toi qui les griffons des storyboard.
Alexandre Aja
Alors, c'est.
Nicolas
Vous, notre patate.
Alexandre Aja
Ah oui, c'est ça, vraiment, ça reste. Et puis derrière, ce que je fais pour chaque scène, c'est à dire que je fais des chat listes assez assez détaillées sur chacune de mes scènes et je continue à le faire. En général, on commence une journée et je vois ces chat listes non pas comme des déjà, je ne fais pas de chat list montée, c'est pas un genre on passe de sport là à ce moment-là, C'est plus des listes de tous les plans que je veux rapporter. C'est plus une liste de courses. Donc ça, c'est assez important pour moi. Et après, cette liste est évidemment faite pour être défaite, pour ne pas être respectée, pour saisir sur le moment ce qui va être mieux, ce qui va être plus intéressant, ce qui va permettre de finir la journée parfois. Et donc ça, c'est vraiment un travail que je fais à ce moment-là avec Maxime, avec Greg aussi. Voilà, on discute un petit peu de cette vision. Mais moi, j'essaye. J'ai l'impression qu'il y a quelque chose que beaucoup de réalisateurs ne partagent pas cette année. Mais il y a une question du cadre qui, pour moi, est propre au réalisateur. J'ai l'impression de faire un film, c'est aussi être maître de son cadre.
Nicolas
Et tu cadres quand même sur les plateaux?
Alexandre Aja
Alors je ne cadre pas parce que je ne suis pas assez bon pour le faire mais je suis extrêmement en contrôle de ce cas. C'est quelque chose qui pour moi est le voilà, si la caméra et l'œil du réalisateur sur le point de vue sur un film évidemment il faut.
Nicolas
Est-ce que tu as le souvenir d'un moment justement de friction avec un chef de poste ou sur laquelle ta CD qui a changé un peu quelque chose. Tu as dit effectivement là, c'est mieux et ça marche mieux comme ça.
Alexandre Aja
Oui, souvent parce que je trouve que c'est assez simple de pouvoir avoir un.
Nicolas
Bougé et de sortir de ce.
Alexandre Aja
Exactement. Je ne suis pas du tout une pas l'impression d'être trop un dictateur sur les plateaux et il y en a. Mon père qui est réalisateur est un dictateur sur un plateau, mais comme beaucoup, c'est vraiment. des méthodes de travail qui sont des méthodes différentes. Moi, j'aime, j'aime bien le travail un petit peu dans le pas dans le calme, mais dans une certaine harmonie. En fait, j'aime bien même sous la pression qu'on reste quand même maître de ce qu'on fait et de trouver voilà des solutions. Des fois, il y a des armes, des vraies prises de bec et des vrais conflits en fait. Mais on trouve toujours des solutions et parfois il faut défendre des acteurs. On n'est pas d'accord sur l'interprétation de jusqu'où il faut aller, jusqu'où il faut s'arrêter. Il faut pousser. C'est aussi le rôle du réalisateur de ne pas lâcher, de continuer.
Nicolas
Tu dis dans un certain nombre d'interviews, dans l'interview sur France Culture qui était pas mal à Gérard. Bref que tu es très sensible à l'avis du public. Est-ce que c'est toujours le cas ? Tu as besoin d'avoir un feedback comme ça à la sortie de chacun de tes films ? Comment est-ce que tu le vis?
Alexandre Aja
Je pense que ma réponse était plus sur l'angle des projections test. Non, pas que évidemment, le public a un avis très important et malheureusement, il arrive à un moment donné où c'est trop tard. C'est à dire que ce qui n'est pas le cas avec les projection test. En fait, quand on teste un film, c'est que le film est encore en station qu'il y a vraiment un travail qui fait. Donc on peut encore changer beaucoup de choses. Et je trouve que les projections test qui sont d'institutions aux Etats-Unis où tout d'un coup, un film monté au premier directeur Scott et on va le sortir de la ville avec une musique qui n'est pas finie, sans effets spéciaux, sans rien. Et puis on va prendre une salle de 300 personnes avec des gens qui ne savaient pas du tout qu'ils allaient voir ce film là le jour où ils viennent le voir. On va leur montrer comment ils réagissent et on va leur demander ce qu'ils pensent. Ça a l'air d'être très violent comme ça quand on dit ça et ça peut l'être parce que je me suis retrouvé à montrer des films sans effets spéciaux qui sont par exemple j'ai testé Piranha 3D sans piranha et sans 3D Et avec le pénis ou pas ? Non rien, même pas de pénis juste à sous-titre Pénis Pénis qui flotte avec un piranha extrêmement où il faut aller imaginer la chose ou crawl sans alligator évidemment avec des cascadeurs en spandex vert et des trucs en police direct. Donc c'est toujours ou même Mirrors Kieffer a fait une ******** il s'est retrouvé en prison. Bref, on a on a dû décaler le tournage, donc on avait des séquences entières en storyboard. C'était bon. Toujours comme ça, mais quand même, malgré toutes ces versions, il y a quelque chose qui se passe où sur 300, 350 personnes, on voit ce qui marche, on voit si ça fait peur, on voit s'il y a de l'attention, on voit s'il y a de l'intérêt pour les personnages, on voit si on partage quelque chose, si les gens se font chier, si les gens partent et évidemment, on écoute aussi les feedbacks. Mais ça en fait, ça a de l'intérêt parce que face à ces projections test, on a une autre armée aux Etats-Unis d'exécutifs de studios, de producteurs qui sont des fous furieux, mais des fous furieux à un niveau qui n'est même pas descriptible, de doute où tout d'un coup ils se disent non non non non non non, c'est pas possible, il faut faire tout le film sous l'angle de juste vu par les gens des collines ou il faut En fait, ils ont tellement peur de ce qu'ils sont en train de faire et de comment faire du risque de perdre leur travail au moment au moment où le film se fait, qu'ils vont émettre des idées les plus dingues, enlever tout ce qui peut être drôle, enlever toute la nudité et le gore dans le piranha. C'est sans limite sur ce qu'ils peuvent le studio.
Nicolas
Oui, mais vraiment c'est en fait, c'est un documentaire et c'est parfois.
Alexandre Aja
Parfois même encore pire que ça.
Nicolas
C'est une série de cette Rogen qui est un bon garde à elle.
Alexandre Aja
Mais au milieu de cette folie, il y a ces projections test où il y a quand même un minimum de bon sens et comment dire, de cinéphilie partagée avec le public où finalement c'est ce public-là qui va réagir au film et qui va dire, ah non, on passe un bon moment sur la colline à des yeux, où est-ce était perdu à la fin du montage du film, il détestait le film. Il est venu voir la première version à Paris. Déjà sur le tournage et sur la préparation, ça avait été compliqué. Et en fait, je comprends aujourd'hui, avec du recul, c'était un remake d'un film que lui avait fait. Il y avait quelque chose qui se passait à ce moment-là. On est sorti de cette première projection à Paris. Silence. Lui et les deux autres producteurs étaient genre : "Quelle catastrophe ! C'est terrible. Heureusement qu'on n'a pas dépensé les imprévus. Il va falloir retourner toute la fin." Bref, c'était très mal parti. Et puis quand on a fait cette projection test et que les gens ont absolument adoré le film et qu'il y a eu vraiment des très vocales, qu'il était dans la salle, il s'est rendu compte qu'il avait qu'il avait perdu pied en fait sur ce qu'il était en train de voir et que finalement, ce public remettait un petit peu les pendules à l'heure. Et finalement, le film qu'il avait vu à Paris, le film qui est sorti quasiment, il n'y a pas de grande différence. Donc c'est toujours ce moment-là. C'est vrai que j'ai eu la chance jusqu'à aujourd'hui d'avoir toujours reçu un soutien et une aide de ces projections et donc du public.
Nicolas
Et justement, tu as le souvenir du projet qui t'a fait changer, qui t'a fait prendre conscience que quelque chose n'allait pas et qui a vraiment changé quelque chose de significatif dans un de tes films?
Alexandre Aja
Des fois, tu ne peux pas nier, quand les gens n'ont pas peur. En fait, le cinéma genre est un cinéma qui, comme la comédie, si tu fais une projection test de comédie et que les gens ne rient pas, c'est que tu as un problème. Là, c'est la même chose en fait. Si tout d'un coup tu as tout mis en place, toute une construction pour arriver à un silence, un job éventuellement, et puis une sorte de petit rire nerveux derrière et que rien ne se passe, c'est qu'il faut retourner au montage.
Nicolas
Tu as un exemple que tu peux nous donner là-dessus ? Un changement que tu aurais fait?
Alexandre Aja
Oui, il y en a plein sur tous les films justement, on a juste des fois on va trop loin, des fois on va, c'est comment dire, c'est Les projections test, elles sont. J'espère qu'un jour quelqu'un va ou pirater les compagnies qui les font pour obtenir tous les résultats, ou justement les résultats vont être publiés parce que je trouve que ce serait très intéressant d'un point de vue cinéphilique d'avoir accès en fait aux résultats de toutes ces projections test, de tous ces films qu'on a vus depuis plus de 50 ans. parce que je pense qu'il y a plein de surprises. Il y a plein de choses, il y en a qui sont très connues, évidemment. Toi, le manque de Terry Gilliam où le film a failli se faire massacrer parce que les fantasmes étaient désastreux et personne ne comprendrait au film. Et heureusement, heureusement qu'ils n'ont pas suivi la vie du public à ce moment-là. Mais il y a plein d'autres exemples comme ça qui sont, qui sont, qui sont fascinants. Le sixième sens, le sixième sens. Les premières projections du sixième sens se passent formidablement bien, mais il y a quand même un truc qui retient l'engouement du public où les gens disent mais c'est pas possible qu'elle se soit jamais rendu compte qu'il était mort. Désolé pour ceux qui ont. Et s'il y en a encore, si ça existe. Et à ce moment-là, ils se posent la question ils vont avoir cette cette petite idée qui va être rajoutée en post-synchro sur le film où le personnage de John Smond va dire ils ne veulent voir que ce qu'ils veulent voir. Et là, tout d'un coup, tout le monde a, tout le monde a, il n'y a plus de problème en fait, ils ont réglé. Donc les projections test aident à trouver en fait ces choses de compréhension qui vont nuire au bon déroulement de l'expérience.
Nicolas
On ne va pas tarder à prendre quelques questions parce qu'on arrive bientôt malheureusement au bout, parce qu'on pourrait rester tout l'après-midi ici, en tout cas moi. Toujours sur France Culture, tu disais c'est vraiment horrible d'être confronté à ces anciennes citations, c'est vraiment un truc vraiment détestable et vraiment des ********. Je pense que le système genre français est quasi mort ou du moins agonise. Je suis extrêmement triste avec cet état où on n'a pas réussi ce que l'Espagne a fait si brillamment. est-ce que ça a changé ? Ou est-ce que tu pourrais regarder les choses?
Alexandre Aja
C'est une longue mort, c'est une, c'est une mort qui est très longue. C'est vraiment une sorte de cette sorte de vie presque comique. Heureusement, ce n'est pas le cas. Heureusement, ce n'est pas le cas. C'est pas encore évident qu'il y a des ouvertures, il y a beaucoup, de tentatives. Il y a toujours ce plafond de verre où on tape sur les 200 ou 300 000 entrées alors que n'importe quel bon film de genre américain va pouvoir aller chercher le million d'entrées. C'est une sorte de grand mystère. est-ce que c'est l'environnement ? Le côté, ça se passe en France parce que ce n'est pas la langue. Les films sont malheureusement beaucoup encore vu doublés. Donc c'est pas c'est pas, c'est pas la langue, c'est est-ce que c'est un style ? est-ce que c'est quelque chose qui fait qu'il y a une sorte d'a priori ? Même avec une palme d'or, même avec des critiques incroyables, on n'arrive pas à dépasser. Il y a eu des exemples quand même. Le règne animal a presque atteint le million d'entrées, donc c'est possible. C'est en tout cas, il y a plus d'ouverture, ça c'est sûr. Aujourd'hui, par rapport à quand on s'est parlé à ce moment-là, j'ai l'impression qu'il y a quand même une vraie, une vraie envie en fait, d'ouvrir le cinéma de peur à un public plus large.
Nicolas
Tu reviendrais tourner en France?
Alexandre Aja
Oui, mais je n'ai jamais fait non avec la tête. En fait, j'ai j'aimerais beaucoup. Il faut trouver la bonne histoire. Il faut trouver le bon projet et il y en a. Moi, j'ai jamais vraiment cessé de développer des choses en France. Comme à chaque fois, ça dépend d'un alignement de planète qui n'a pas lieu ou qui a lieu. Voilà. Et puis c'est toujours évidemment un moment où il faut Mais il y a quelque chose de magnifique en France, qui est évidemment une passion pour le cinéma dans les équipes. Un travail qui est beaucoup plus. Je parlais d'une famille de cinéma. Il y a vraiment ce sens-là que moi j'essaye d'apporter aux Etats-Unis, mais qui vraiment là, dans chaque tournage en France, on sent vraiment que les gens travaillent ensemble et font un film ensemble. Et puis il y a une vraie liberté artistique où on n'a pas à se battre pour chaque plan parce que le final cut appartient par la loi au réalisateur.
Nicolas
Oui et puis en France dans la culture aussi on a accès à pas mal de bijoux. Alors on avait dit une fois par jour. Pour terminer avant de prendre vos questions parce que c'est fun et que ça ne mange pas de pain, ça ne fait pas de miettes comme disait ma grand-mère, je ne sais pas comment vous avez dit ça. Freddy ou Michael Myers.
Alexandre Aja
Freddy. L'exorciste ou mascacre de ronçonneuse ? Massacre.
Nicolas
Evil Blade 1 ou 2 ? Alien ou Aliens?
Alexandre Aja
Alien.
Nicolas
Buffy ou Charmed?
Alexandre Aja
Ni l'un ni l'autre non.
Nicolas
La grande menace ou la soupe aux choux.
Alexandre Aja
La soupe aux choux.
Nicolas
Daniel Rapliff ou Daniel Gilbert.
Alexandre Aja
Ça dépend ça dépend.
Nicolas
De l'humeur maniaque de Lustig ou maniaque de Calfood.
Alexandre Aja
Ouais c'est difficile Thierry Lustig parce que j'ai un amour absolu mais c'est vrai que Je suis très fier de ce qu'on a fait avec Franck Cossé sur Maniaque.
Nicolas
Alors attention, elle ne nous écoute pas, mais il peut y avoir du fayotage. Coralie Fargeat ou Julianne Cournault.
Alexandre Aja
Coralie.
Nicolas
Le règne animal ou animal des Babel estampes ? Harry Aster ou James Swan?
Alexandre Aja
C'est pour des choses complètement différentes. En fait, je trouve que Harry est fabuleux, hors du genre aussi. Et James est pour moi l'inventeur du.
Nicolas
Malignance.
Alexandre Aja
À part du job retardé, je trouve qu'il y a quelque chose d'assez d'assez magnifique.
Nicolas
Le remake de Freddy ou le remake de Massacre à la tronçonneuse.
Alexandre Aja
Deux belles merdes. je dirais massacre quand?
Nicolas
Même alors avec quel grand nom du cinéma français tu tournes un film d'horreur alors devant c'est foutu.
Alexandre Aja
Ouais puis c'est fait déjà quel grand nom du cinéma français donc vivant.
Nicolas
Bah de préférence je peux dire il mon temps mais bon ça va on l'a déjà détéré Bravo ! Donc ça, du carton rouge.
Alexandre Aja
Non mais il y a des. comment dire. les Philippe, non, il n'y en a pas beaucoup. Ouais donc c'est ça. Mais bon. Tu l'as déjà fait par exemple ? Oui c'est ça, voilà c'est ça. Mais non, j'ai. il n'y en a pas un qui me vient vraiment. C'est Ben Huppert. Ouais. Enfin si, bah oui, Isabelle Huppert elle peut tout faire.
Nicolas
Justement Jean-Paul Belmondo ou Alain Deleau.
Alexandre Aja
Belmondo.
Nicolas
Deneuve ou Huppert ? Christopher Lee ou Vincent Price?
Alexandre Aja
Christopher Lee.
Nicolas
Blacula ou la comtesse Permula ? Ah là on va y a des trucs chiants. Horns ou Mirrors.
Alexandre Aja
Horns.
Nicolas
Bussy ou mauvais ?
Alexandre Aja
C'est impossible à dire
Nicolas :
Ludovic Boukerma ou Zoran Boukerma
je sais pas d'où il m'a pris pardon
Simon ou moi ? Non ça devient n'importe quoi
Gérardmer ou Mauvais Tour
Non attends attention ce que tu vas dire fais gaffe
Allez on va prendre des questions
Des questions dans la salle ? Bonjour.
Public :
Juste avant, j'avais une petite anecdote pour vous parler des films trauma vus trop tôt. À 11 ans, j'ai été invité à une soirée d'anniversaire pyjama et je vais piquer un film aux copains de ma sœur à l'époque que j'avais amené, qu'on avait regardé avec des amis de 11-12 ans, avec leurs parents. C'était Tirana 3D. J'avais cru que c'était le film de l'autoroute 2 et j'ai eu un peu peur. Celui-là, je n'ai pas trouvé. Ma question, c'était. par rapport au projet que vous avez dit que vous auriez voulu faire, est-ce qu'il y a des projets que vous n'avez pas accepté mais qu'avec du recul, vous avez regretté?
Alexandre Aja
Alors, il y en a un que je n'ai pas accepté parce qu'on me l'a jamais proposé, alors qu'on me l'avait proposé, mais il n'est jamais arrivé jusqu'à moi. C'était l'autopsie de Jane Doe. Je me retrouve à faire un autre film avec le producteur et il me dit "C'est vraiment dommage que que t'es pas accepté de faire ce film. De quoi tu parles ? Et donc j'ai tout remonté. En effet, il y avait, on m'avait envoyé le script et c'était jamais arrivé jusqu'à moi. Et c'est un film que j'adore. Je trouve absolument brillant. Donc voilà, il y en a sûrement d'autres que ou avec un peu de recul, j'ai. Il y a quand même beaucoup, de *****. C'est très souvent quand je me dis j'ai bien fait de ne pas les faire. Ça va de Slender Man, à House of Wax, à Robocop. Robocop, tu aurais pu.
Nicolas
Faire quelque chose de bien ? Vous n'avez pas cherché ça?
Alexandre Aja
Non, si, il y en a. On m'a proposé 28 semaines plus tard et le script que j'ai lu n'était pas du tout le film qui a été fait après et je n'ai pas vu en fait le potentiel. C'est à dire que j'ai vraiment bêtement cru que ça allait être ce script là qui était vraiment pas super. Et quand je vois ce qu'ils ont réussi à en faire et à réécrire. Et voilà, quand j'ai vu le film, j'ai trouvé ça vraiment dément et je me suis dit ah ***** j'ai pas vu en fait.
Public :
Bonjour, j'ai un moment pour la masterclass, je suis ravi de vous rencontrer en vrai, vous êtes mon idole depuis pas mal de temps. Moi j'ai juste 2 petites questions, déjà je suis fan de Lou Drax, voilà et je crois j'ai d'ailleurs et je crois qu'à la base ce n'est pas vous qui devez réaliser. Et juste une deuxième question, est-ce que Tayracliff c'est comment bosser avec lui?
Alexandre Aja
Daniel, il est absolument fabuleux, c'est vraiment un amour. C'est pas Daniel, ça c'est mon arme secrète, c'est mon chien de tournage qui me suit partout, qui n'est pas là aujourd'hui mais qui aurait dû être là aujourd'hui. Voilà, le voilà dans la ville. Il est énorme franchement, c'est tout ce qu'on peut imaginer authentique, c'est-à-dire que c'est pas quelqu'un qui fait semblant, c'est quelqu'un qui va prendre toutes les nuits après 12, 13h, 14h de travail d'aller voir les 100 personnes qui l'attendent pour passer du temps avec eux, qui va jamais refuser de faire une photo, d'échanger un mot, qui est quelqu'un qui connaît le nom de tous les techniciens sur le plateau et je dis pas que c'est une obligation pour un acteur de connaître tout le monde mais il y a quelque chose de. en fait il vit dans une sorte de grande reconnaissance de ce qui lui arrive et c'est vraiment quelqu'un de bien aussi, extrêmement doué. Donc voilà, ça a été un plaisir absolu. Et Drax, en effet, c'est sur Horns que Max Minguella, qui a écrit le script, me demande si ça m'intéressait de le faire et c'est le film que devait faire son père en fait avant de mourir. Anthony Minguella devait réaliser la neuvième vie de Louis Drax et c'était son dernier projet avant qu'il disparaisse.
Public :
Bonjour, deuxième fan de Louis Drax, que tout va bien. Vous avez parlé d'images qui vous ont marqué, on parle de films des années 70 et tout, je voulais savoir si dernièrement il y avait des images comme ça qui aussi quand vous avez vu le film, vous ont marqué. Et par rapport à ce que vous disiez sur le cinéma français, est-ce que finalement on ne manque pas un petit peu de frontalité ou en tout cas, j'ai l'impression que ces dernières années le genre est utilisé pour parler d'autre chose. En fait il y a plus vraiment. et Le Règne animal c'est un bon exemple de ce qui fonctionne, c'est qu'il assume le côté genre, vraiment, dès le début, la scène de l'ambulance, etc. Et je pense un peu à des films comme La Nuée, c'est le premier qui me vient en tête, où en fait on parle d'autre chose On le vend un peu comme du genre, mais finalement c'est une scène dans le film. Ce qui fait que je pense que les spectateurs, quand ils vont le voir, ils s'attendent à voir du genre. Ils se retrouvent avec un film qui finalement parle d'autre chose, avec une seule séquence, là où effectivement les Américains, alors il y a beaucoup de déchets, surtout là avec la reprise des franchises, pour ceux qu'ont vu se souvient-il été dernier, au secours. Mais voilà, et eux ils vont vraiment dans le côté, c'est du genre assumé. Est-ce que c'est pas à ça finalement auquel il faudrait revenir aujourd'hui?
Alexandre Aja
Alors pour la première partie de la question sur les images récentes, sur "Bringer Back", je ne sais pas comment ça s'appelait en France. C'est substitution. Voilà, c'est quoi les dents manger du bois, c'est exactement, c'est. Et franchement, les deux films, que ce soit Toc to me, non, non, non, donc tout mis la main, oui, la main au début de la version et Bagner Bach. Je trouve que c'est vraiment de tout d'un coup au sang des réalisateurs qui ont vraiment une manière de faire qui va tout changer ou encore une fois on peut continuer à inventer à choquer à trouver des manières de faire les choses après sur le cinéma français qui en fait le cinéma de genre comme la science-fiction comme le cinéma d'horreur tout ça a toujours eu une fonction qui est quand même une fonction de miroir un peu sur la société, sur des thématiques un peu plus profondes et c'est tant mieux. La différence peut-être c'est que aux États-Unis même quand Cronenberg fait chromosome 3, il y a quand même une responsabilité par rapport à ses producteurs où il doit faire un film qui est dans un certain genre qui va lui permettre de dire beaucoup plus en sous-texte. Alors qu'en France, sur certains films peut-être, le sous-texte est le point de départ et finalement le divertissement ou l'expérience va passer un petit peu en deuxième plan. Ceci étant dit, à 24, à retourner la chose un petit peu sur soi, pas avec Brian Bach et Zillen, mais avec tous les autres films qui ont suivi Follows, où tout d'un coup le elevated est devenu une sorte de sous-texte et on le met dans de l'horreur. Bon, ça circule toujours un petit peu dans les deux sens et puis ça va avancer, évidemment. Ça change parce que c'est ça aussi, ce qui est fabuleux, c'est que le cinéma d'horreur est un cinéma qui a besoin de se réinventer parce que si on ne subvertit pas nos attentes, on ne crée plus de connexion avec le public.
Nicolas :
Allez rapidement une toute dernière question courte, réponse courte parce que malheureusement on arrive au bout du temps imparti. Caramba.
Public :
Bonjour, tout à l'heure vous disiez que c'était plus à l'écriture que vous ressentiez la sensation de peur plutôt qu'à l'image. Et est-ce que vous avez pensé à travailler avec d'autres médias, d'autres supports, comme le roman, la bande dessinée, comme d'autres réalisateurs peuvent le faire, comme Michael Mann, qui a écrit la suite de Pit en tant que roman, enfin, voilà, qu'est-ce que vous?
Alexandre Aja
J'aimerais énormément, je pense que l'écriture de scénario, c'est une écriture assez facile, finalement, assez directe. Je ne sais pas si j'arriverai à écrire d'une autre manière. mais j'y pense souvent. En bande dessinée, c'est très intéressant parce qu'on parlait de tous les films qui ne se sont pas faits. Et c'est vrai que récemment, j'ai commencé à essayer d'aller chercher tous ceux qui me restent vraiment, comment dire, qui me tiennent à cœur et de les transformer en roman graphique ou en bande dessinée. Et donc c'est quelque chose qui est en train de se faire.
Nicolas
Allez, tout de même, on va partir sur une défaite. Question courte?
Public :
Normalement, c'était pas une question courte, donc je suis un peu triste, mais bon, on va essayer de faire court. Merci pour votre carrière déjà. Et je voulais juste revenir sur un film que j'ai du mal à considérer, pas dans votre filmographie, vous en avez parlé très peu, c'est le remake de Maniac, où j'aurais voulu savoir. une heure avec vous, mais c'est quoi votre implication sur ce projet ? Vous l'avez écrit, je sais que c'est un film, un modèle pour vous ce film là.
Alexandre Aja
Alors réponse très courte.
Public
Pourquoi vous ne l'avez pas fait?
Alexandre Aja
Voilà, je ne l'ai pas fait parce que j'avais l'impression sur haute tension de l'avoir déjà fait un peu et c'était au moment où aussi je préparais Cobra et donc c'était pour ces raisons là que que d'abord c'était Greg, Levasseur, qui devait le réaliser, puis il y a eu un décalage dans le temps, et Comora aussi était la raison, donc c'est Franck qui finalement a hérité, mais finalement c'est un film qu'on a fait tous ensemble. C'est vrai que j'ai du mal en général, j'ai tendance, un peu instinctive, à mettre "Maniaque" dans ma filmographie, pas simplement en tant que producteur, mais en tant que vraiment, parce qu'on était tous ensemble à le faire.

https://youtu.be/Debr5KI1QIU?si=n8_-jvzDztf3QsFQ
À 16h00, Stopmotion de Robert Morgan qui n’avait pas pu être présenté l’année dernière, a pu être projeté cet après midi. Ce thriller horrifique britannique animé en stop-motion et en prise de vue réélle, est particulièrement glauque et introspectif. Vous suivez une artiste obsédée par la création d'un film d'horreur, mais elle va très vite basculer dans la folie. Ce film vous malmène jusqu’à vous faire éprouver une sorte de malaise et dans le même temps vous ne pouvez qu’être impressionné par sa maîtrise technique et par son ambiance cauchemardesque. Lien vers notre chronique plus complète du film : prochainement

https://youtu.be/iyGM4LdNJEk?si=HqhMqu7JBZPO1lQF
À 20h00, Yoroï de David Tomaszewski, hors compétition, a offert une pause fantastique plus légère avec Orelsan dans un rôle inattendu : l’artiste, qui joue son propre rôle, s’expatrie au Japon. Il va devoir combattre des yōkai après avoir enfilé par erreur une armure ancienne. Ce mélange d'humour, d'action et de folklore japonais nous a fait très plaisir. Une énergie et ses effets visuels soignés, avec un petit message critique au passage sur notre société actuelle. Ce qui ne gâche rien. Lien vers notre chronique plus complète du film : cliquez ici
La journée s'est achevée avec la Nuit Maléfique, à laquelle nous n’avons pas pu assister.

https://youtu.be/C9p8FSW9kFs?si=udpFgyYekVc2oTH_
A été projeté, dans le cadre de la carte blanche à Alexandre Aja Chromosome 3 de David Cronenberg, masterpiece du body horror. Lien vers notre chronique plus complète du film : prochainement

https://youtu.be/7XnzJMbBlA0?si=rY9GkS0_VRSiR-lT
Puis L'Incroyable Alligator, nanar jubilatoire des années 80. Lien vers notre chronique plus complète du film : ici
Cette journée du samedi représente bien l'essence du festival Mauvais Tours : un festival qui ose, forme et fête l'imaginaire sans compromis, laissant les participants épuisés mais comblés, prêts pour la dernière journée du festival, qui va être encore de haute volée. Lien journée 4 – dimanche : cliquez ici.