
Date de sortie en salle : 30.12.2026
Réalisateur : Rémi Fréchette
Scénaristes : Jérôme Cloutier, Rémi Fréchette
Casting :
Catherine Beauchemin : Marjolaine
Jérémie Earp : Tie Man
Peter Seaborne : Franz DeMann
Catherine R. Jeannotte : Sissy
Charlotte Poitras : Missy
Luc-Martial Dagenais : Gaston
François Lambert : Bruno
Tie Man sortira en salle le 30 décembre 2026. Le film est signé Rémi Fréchette, cinéaste québécois, spécialiste du cinéma de genre. Le réalisateur avait été primé au festival Mauvais Genre en 2015 pour Les Jaunes. Nous avons pu voir Tie Man car il a été projeté le 17 octobre 2026, comme film en compétition pour l’édition 2026 du festival Mauvais Tours.
Le film était d’abord une mini-série de six épisodes, produite pour la chaîne Frissons TV. Rémi Fréchette l'a remontée en long métrage de 99 minutes. Le tournage s'est fait en anglais. Le doublage français recrée le charme décalé des films d'action américains doublés en québécois. Rémi Fréchette a recréé cette ambiance avec les moyens du bord. Le budget total s'élève à 60 000 euros. Le résultat tient du tour de force. Mais avec Rémi Fréchette, vous savez que tout est possible.
L'histoire se déroule à Ridgway City, grande ville corrompue. La policière Marjolaine Coppola, jouée par Catherine Beauchemin, cherche sa sœur. Cette dernière a été enlevée la nuit où leurs parents ont été assassinés. Les coupables travailleraient pour Franz DeMann, interprété par Peter Seaborne. Cet homme d'affaires mégalomane veut devenir maire. Marjolaine est victime d'un attentat. Elle croise alors Tie Man, incarné par Jérémie Earp. Ce justicier de l'ombre a lui aussi subi une tentative de meurtre, quand les hommes de main de Franz DeMann sont venus pour « racheter » la boutique de tailleur de son père Gaston. Les deux attaques donnent un point commun aux deux personnages qui font équipe. Ils vont lutter pour la vengeance et la justice.
Le scénario est coécrit par Rémi Fréchette et Jérôme Cloutier. Il est bien plus travaillé qu'il n'y paraît. Beaucoup de détails semés au fur et à mesure du film ne doivent rien au hasard, par exemple l’importance d’avoir une main.
La cravate sert de running gag et d'auto-dérision. Elle désamorce la tension.
Les dialogues sont hauts en couleur et politiquement incorrects. Ils font mouche à chaque réplique. La malice de Rémi Fréchette est à l'œuvre du début à la fin.
La mise en scène exploite tout ce qu'elle a sous la main. La caméra colle aux personnages et suit l'action de près. Les maquettes, les décors construits et les effets spéciaux donnent corps à la ville. Les effets un peu cheap ne se cachent pas. Ils sont montrés franchement, et c'est ce qui les rend efficaces. Autant y aller à fond. La musique qui a été composée en live, comme une sorte de ciné-concert, ce qui ajoute une énergie rebelle et nerveuse à l’image (vous pouvez l’écouter sur spotify etc https://open.spotify.com/tieman . Le film vous fait rire, vous choque parfois, puis vous fait rire de nouveau. Ce rythme ne faiblit jamais.
Les personnages sont volontairement stéréotypés. La policière tenace, le justicier mutique, le politicien mégalomane, le savant fou… tous suivent les codes du genre. Leur rencontre ressemble à un carambolage. C'est ce choc qui crée un véritable incendie. Catherine Beauchemin donne à Marjolaine Coppola une détermination solide. Jérémie Earp joue un Tie Man taiseux et tendu. Peter Seaborne s'amuse en méchant grandiloquent et détestable. Vous en prenez plein les yeux.
Le film est aussi interactif. Des consignes sont données aux spectateurs pour qu'ils participent pendant la séance. Cette idée renvoie aux projections de minuit ou au Rocky Horror Picture Show, où la salle fait partie du spectacle. Cela colle à l'esprit du film. Les règles :
1- Quand les journalistes disent des horreurs, huez-les.
2- Quand Tie Man mentionne la vengeance ou la justice, faites un cheers.
3- Quand Tie Man se bat ou utilise son pouvoir, faites tourner votre cravate.
4- Quand Gaston termine une chanson, applaudissez-le.
5- Quand les vilains rient, éclatez de rire.
Rémi Fréchette s'inspire ouvertement des antihéros violents des années 1980 et 1990, comme Robocop ou Darkman. Il y ajoute une touche de modernité et beaucoup d'humour noir. Le sang coule, mais le ton reste joyeux. Le film assume son côté bis sans jamais s'excuser. Il parle aussi de pouvoir, de corruption et de justice personnelle, toujours avec légèreté.
Tie Man tire le meilleur d'un budget minuscule.
Un film à voir pour passer un très bon moment, très fun, décalé et un peu sanglant. Surtout avec un public prêt à jouer le jeu.
Tiphaine et Xavier
Pour en savoir plus : le compte rendu du festival Mauvais Tours, avec la transcription de l’intervention de Rémi Frechette après la projection.