Année de sortie au cinéma: 1982

Réalisation James Cameron
Ovidio G. Assonitis (non crédité)
Scénario Ovidio G. Assonitis
James Cameron
Charles H. Eglee
Musique Steve Powder

Piranha 2 : Les Tueurs volants, titre original Piranha Part Two: The Spawning, est le premier long-métrage où James Cameron est crédité comme réalisateur. Le film est produit en 1981 et sort en salle en 1982. C'est la suite de Piranhas, réalisé par Joe Dante en 1978. Seul le producteur néerlandais Chako van Leeuwen revient du premier film. Le producteur exécutif Ovidio G. Assonitis renvoie d'abord le réalisateur Miller Drake, puis engage James Cameron, alors spécialiste des effets spéciaux.

Le tournage se passe mal pour James Cameron. Il est écarté après deux semaines et demie. Ovidio G. Assonitis termine les prises de vues et supervise seul le montage. James Cameron ne conserve que les séquences sous-marines avec les poissons. Le film est donc une rude épreuve pour le jeune réalisateur, et cela se ressent. Ce n'est pas un chef-d'œuvre. Mais il contient assez de séquences fortes pour justifier son visionage.

Le début est classique, proche du nanar, avec cette scène de plongée sous-marine qui se transforme en début d’ébat amoureux avant de finir dans le sang avec une première attaque des piranhas mutants très voraces.
Sur terre : un club de vacances, des touristes insouciants, un ton léger. Le tournage a lieu en Jamaïque, et le Mallard Beach Hyatt d'Ocho Rios, remercié au générique, fournit le décor ensoleillé. Puis la mécanique s'enclenche. Des piranhas mutants ont appris à voler. La plongeuse Anne Kimbrough, jouée par Tricia O'Neil, et son mari, le shérif Steve Kimbrough, incarné par Lance Henriksen, tentent d'enrayer le massacre. Les deux comédiens jouent sans second degré. Cette sincérité rend les enjeux crédibles, malgré un pitch simple.

La tension monte par paliers. Avec des séquences mémorables, dont la mort du fils de Gabby, est l'un des sommets du film. Le cadrage et la musique y sont d'une justesse totale. La partition de Stelvio Cipriani crédité sous le nom de Steve Powder, tour à tour tropicale et orchestrale, porte d’ailleurs tout le film. La scène de la plage tient toutes ses promesses. Les touristes s'y rassemblent pour voir les poissons volants. Vous savez que le massacre approche, la suite sera sanglante à souhait.

Le son joue un rôle central. Les petits cris des poissons en plein vol prêtent à sourire. Ils ne désamorcent pourtant jamais la pression. Ils fonctionnent comme le bruit du crotale : vous savez que la suite sera dramatique. La musique avant l'attaque fait le reste. Le montage alterne calme plat en surface et panique brutale. Les plans larges isolent les personnages et renforcent l'angoisse.

La direction artistique assume un look de série B. Les couleurs sont tranchées et les créatures sont bricolées. Les effets spéciaux, supervisés par Giannetto De Rossi. Les scènes sous-marines sont la vraie réussite. Elles exploitent bien l'espace, les reflets et les ombres.

Le film occupe aussi une place particulière dans la carrière de James Cameron, qui a ensuite réalisé des œuvres bien plus abouties. Il intéressera les amateurs de cinéma de genre et de curiosités des années 1980. Vous y trouverez des idées visuelles, du sang et une réelle énergie.

Piranha 2 se savoure pour le plaisir et par curiosité.

 Tiphainet et Xavier