Date de sortie en salle 1974
Date du coffret Artus Films : 23.04.2026

 

https://artusfilms.com/les-yeux-bleus-de-la-poupee-cassee

Combo digipack BluRay/DVD
Master 2K restauré – Version intégrale

Un film de Carlos Aured (L’empreinte de Dracula, La vengeance de la momie, La terreur surgit de la tombe)
Scénario Paul Naschy – Musique Juan Carlos Calderón - Photographie Francisco Sánchez – Montage Javier Morán – Décors Gumersindo Andrés
avec 
Paul Naschy (Les vampires du Dr Dracula, Dracula contre Frankenstein, Le bossu de la morgue)
Diana Lorys (L’horrible docteur Orlof, Les cauchemars naissent la nuit, Malenka la vampire)

Suppléments

Présentation du film par Emmanuel le Gagne et Alain Petit
Diaporama d’affiches et de photos
Film-annonce original 

Espagne – 1974 

Durée : 88 minutes
Version : espagnol
Sous titres : français
Format 1.37 original respecté
16/9ème – 1920/1080p
Couleur 

Interdit aux moins de 16 ans

 

En 1974, le giallo italien a des codes qui sont bien fixés, les recettes sont connues. C'est dans ce contexte que Carlos Aured, réalisateur espagnol étroitement lié à l'univers de Paul Naschy, livre un film, Les Yeux Bleus de la Poupée Cassée : un thriller à l'italienne tourné en Espagne, dont l'action se déroule en France. Un objet hybride, ancré dans une tradition étrangère, mais habité par quelque chose de singulier. La restauration publiée par Artus Films offre l'occasion de voir ce film rare.

Carlos Aured installe son récit dans une France pleine de conventions : panneaux routiers, presse de tabac, quelques marqueurs visuels soigneusement disposés. Cette France-là n'existe pas vraiment, elle fait carte postale. Pour autant elle fonctionne bien. Le cadre est celui du giallo classique : un manoir isolé, des tensions familiales, une série de meurtres au mode opératoire répétitif. Des femmes blondes aux yeux bleus sont retrouvées mortes, énucléées. Nous voyons le mystérieux tueur déposer les yeux dans un récipient comme autant d'offrandes. Mais qui est-il ? Quel est son objectif ? L’assassin opère avec méthode. Les suspects se multiplient.

Gilles (Paul Naschy), ancien détenu, arrive dans ce domaine tenu par trois sœurs que la vie n'a pas épargnées. Claude dissimule une main atrophiée sous une prothèse. Nicole laisse libre cours à une sexualité débridée. Yvette, clouée dans son fauteuil roulant, observe tout depuis son immobilité contrainte. Chacune porte une blessure visible ou cachée. Chacune est un suspect crédible. Vous avancez dans cette enquête avec les mêmes informations que les personnages (ni plus, ni moins) et Carlos Aured prend soin de ne jamais distribuer les cartes trop tôt.

Les lieux ont un rôle presque principal : le manoir a une véritable personnalité, ses pièces ont chacune une ambiance avec son étage, ses couloirs, ses escaliers, qui dissimulent, emprisonnent, menacent. Les mouvements de caméra de Carlos Aured sont lents, volontairement glissants, comme si l'objectif cherchait lui-même quelque chose. Les scènes de meurtre sont mises en scène de façon à toujours entretenir un doute sur l'identité du tueur.

Paul Naschy, acteur et scénariste du film, ne livre pas ici le monstre expressif qu'on lui connaît dans ses rôles de loup-garou. Son personnage de Gilles est taciturne, ambigu, séducteur. Ses cauchemars, où il étouffe des femmes de ses mains, font planer un doute tout au long du film. Est-il capable du pire ? Le scénario qu'il a lui-même écrit exploite cette ambiguïté avec cohérence.

Diana Lorys interprète le personnage de Claude avec une sobriété remarquable. La scène dans laquelle elle retire sa prothèse devant Gilles concentre à elle seule une tension érotique et psychologique : un moment de vulnérabilité qui bascule imperceptiblement vers autre chose.
Eva León, dans le rôle de Nicole, apporte une présence charnelle crue, presque déstabilisante. Les trois femmes forment un trio dont chaque composante tire dans une direction différente, sans que l'ensemble ne se disperse. Une famille dysfonctionnelle qui vit dans une sorte de huis clos.

Chaque rapprochement est doublé d'une menace latente. Carlos Aured maintient cette tension jusqu’au moment opportun de la rupture, ce qui est sans doute le tour de force le plus difficile du film.

Les Yeux Bleus de la Poupée Cassée est une enquête construite avec soin. Une atmosphère consistante avec une galerie de personnages dont les motivations restent opaques jusqu'au bout.

En bonus, vous est proposé un portrait de Paul Naschy par Emmanuel Le Gagne et Alain Petit : ensemble, ils discutent et vous font une rétrospective complète de la carrière de Paul Naschy, de ses débuts comme figurant, en passant par ses films fantastiques. Paul Naschy est un acteur omniprésent dans les années 70, mais qui n’était pas une personne publique reconnue, alors qu’il est crédité dans plus de 100 films.

Et après 47 minutes, ils commencent à présenter le film « Les Yeux Bleus de la Poupée Cassée ».

 

Tiphaine et Xavier