
Date de sortie : 1932
Les Chasses du comte Zaroff sort en 1932. La RKO Radio Pictures produit ce film d'aventure et d'horreur, coréalisé par Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel. Le scénario de James Ashmore Creelman adapte la nouvelle The Most Dangerous Game, publiée en 1924 par Richard Connell. Ce classique est un indispensable. De nombreux cinéastes le citent comme influence. Vous comprendrez vite pourquoi : tout y est d'une très grande qualité, du décor à l'interprétation pour l’époque.
Le film se tourne vite et à petit prix. La RKO ramène le budget à 200 000 dollars et limite le tournage à trois semaines. Merian C. Cooper le produit. Il coréalisera King Kong avec Ernest B. Schoedsack l'année suivante. Les prises de vue ont lieu la nuit, dans les décors de jungle que King Kong réutilisera en 1933. Quatre acteurs passent aussi d'un film à l'autre, dont Fay Wray et Robert Armstrong. Cette parenté se voit à l'écran.
La photographie de Henry W. Gerrard durcit les contrastes du noir et blanc. La jungle étouffe les personnages et devient un adversaire supplémentaire, chaque fourré semble cacher un piège.
Un naufrage jette Robert Rainsford sur une île isolée. Ce chasseur de fauves est interprété par Joel McCrea. Un hôte raffiné l'accueille dans sa forteresse. Le comte Zaroff, exilé russe, est le propriétaire des lieux. Il s’adonne à un passe-temps des plus singuliers et immoraux. Vous découvrirez les règles de son jeu par vous-même. Eve Trowbridge, jouée par Fay Wray, et son frère Martin, joué par Robert Armstrong, sont déjà là. Eux aussi ont fait naufrage. Le récit reste linéaire et resserré. La tension monte sans accélération brutale. Sur les scènes extérieures, les craquements de branches et les aboiements de la meute participent à l’atmosphère angoissante du film.
Leslie Banks signe ici ses débuts au cinéma. Il incarne un aristocrate hautain et machiavélique. Son regard impose sa loi avant même la première traque. Joel McCrea lui oppose un chasseur têtu, privé de sa place au sommet de la chaîne alimentaire. La rivalité entre les deux hommes est parfaitement orchestrée. Le jeu est juste de bout en bout.
Irving Pichel s'occupe surtout des dialogues. Ernest B. Schoedsack dirige la poursuite finale. Le montage épouse le rythme de la fuite.
Le film a ensuite nourri le cinéma de genre. Les récits de survie, les chasses à l'homme et les jeux vidéo de traque en reprennent le principe. Le comte Zaroff reste l'archétype du méchant aristocrate, poli et cruel. Cette figure n'a rien perdu de sa force. Elle touche toujours un public sensible à ce que cachent les bonnes manières. Le noir et blanc gagne à être vu sur grand écran, lors d'une projection organisée par une cinémathèque par exemple. Saisissez l'occasion chaque fois qu'elle se présente. Les Chasses du comte Zaroff reste une référence du film de traque.
Tiphaine et Xavier