Date de sortie : 1933

 

King Kong sort en 1933 chez RKO Radio Pictures. Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack le réalisent et le produisent. Le scénario est signé James Ashmore Creelman et Ruth Rose, d'après une idée d'Edgar Wallace et de Merian C. Cooper. Le tournage s'étale sur 55 semaines. En pleine Grande Dépression, le succès du film sauve RKO de la faillite. Vous tenez là une référence pour tous les films de monstres, pour le fantastique et pour la question du rapport entre l'homme et la nature.

Tout commence avec le cinéaste Carl Denham, joué par Robert Armstrong, qui prépare un film d'aventure. Il lui manque une actrice. Il rencontre Ann Darrow, une comédienne au chômage interprétée par Fay Wray, et lui offre le rôle principal. Tous embarquent à bord du Venture, commandé par le capitaine Englehorn, joué par Frank Reicher. Le second, Jack Driscoll, joué par Bruce Cabot, supporte mal la présence d'une femme sur le navire. Il tombe pourtant amoureux d'Ann. Carl Denham révèle alors la destination : Skull Island, une île inexplorée où vivrait une créature nommée Kong. Les habitants de l'île enlèvent Ann pour l'offrir à cette bête. Jack Driscoll, Carl Denham et plusieurs marins partent à sa recherche. Ils affrontent une faune préhistorique et ce fameux gorille géant. Carl Denham, lui, voit dans cette créature un spectacle à exploiter.

Les effets spéciaux sont révolutionnaires pour 1933. Willis O'Brien anime les créatures image par image et les mêle aux prises de vues réelles par rétroprojection. Il avait déjà signé les effets du Monde perdu en 1925. L'animation marque encore de nos jours.

Kong bouge, hésite, réagit. Il est une victime. Les hommes le traitent en monstre, alors qu'il n'est pas agressif envers Ann au début de leur rencontre. Cette empathie animale revient dans le cinéma de ces dernières années. Fay Wray porte cette relation par son jeu. Elle crie beaucoup, mais elle exprime aussi la peur, puis la curiosité.

La mise en scène alterne les plans larges et les cadrages serrés. Les perspectives écrasent les personnages face au géant. Le noir et blanc joue sur les contrastes : brume sur l'île, ombres de la jungle, lignes dures de la ville.

Les ressources sont comptées. Merian C. Cooper utilise de nuit les décors des Chasses du comte Zaroff pour tourner.

Max Steiner signe une partition orchestrale qui suit chaque scène. Murray Spivak, chef du département sonore de RKO, travaille les rugissements et les bruitages.

Le film continue de faire parler de lui. Peter Jackson en a signé un remake. Des inspirations plus ou moins lointaines circulent dans le cinéma, jusqu'à chez Disney. Vous retrouvez aussi des références dans le dernier film des Minions en 2026.

Le sujet reste d'actualité : le regard porté sur la nature, sur l'exploitation d'un être vivant, sur le spectacle qui l'exhibe. Les effets de 1933 gardent une poésie que beaucoup d'images numériques n'atteignent pas.

King Kong est un classique intemporel.

Tiphaine et Xavier