Film vu dans le cadre du festival Mauvais Tours 2026 : compte rendu lien ici

Avec
Abimana Aryasatya, 
Bront Palarae, 
Dhimas Danang

Genre : Epouvante
Nationalité : Indonésie
Année de sortie : 2026
Durée : 01h46

Ghost in the Cell est le douzième long métrage de Joko Anwar. Le réalisateur indonésien signe aussi le scénario et le montage. Le film dure 106 minutes. Il est sorti en Indonésie le 16 avril 2026. En France, le film n'a pas de distributeur en salles. Vous pourrez le voir sur la plateforme Shadowz.

Le titre fait un clin d'œil à Mamoru Oshii. C’est l’une des nombreuses références qui se retrouvent dans le film. L'action se déroule dans la prison de Labuhan Angsana. Dimas, un journaliste accusé d'avoir tué son rédacteur en chef (une scène très graphique qui vous scotche à votre siège au bout de trois minutes), arrive au bloc C. Des meurtres atroces commencent peu après. Une entité invisible s'attaque aux détenus. Quel est son but ? En quoi Dimas est-il responsable de la situation ? Ce film de genre tient ses promesses de comédie gore.

Les scènes graphiques sont nombreuses et très sanglantes. Vous retrouverez dans l’exécution des meurtres un visuel très manga. Après chaque passage de l'entité, les corps sont retrouvés mis en scène de façon esthétique et étudiée. Ces dépouilles forment des tableaux macabres. Le clair-obscur de Michelangelo Merisi, dit le Caravage, vient à l'esprit, tout comme les écorchés d'Honoré Fragonard. 

La photographie d'Ical Tanjung donne à ces compositions une vraie force picturale. Les décors de Dennis Sutanto font de la prison un espace sale, étouffant et saturé de couleurs, notamment avec l'orange des tenues des prisonniers. La bande son d'Aghi Narottama est très travaillée. Elle est toujours à propos pour compléter et rehausser les dialogues, les scènes.

Le scénario est solide. Joko Anwar y glisse des hommages à plusieurs genres. Vous passez de la comédie musicale au film de kung-fu, puis au western spaghetti. Le film de gang, le film de prison et le huis clos complètent la liste. Les numéros de danse et les prières chorégraphiées sont des séquences aussi décalées que logiques. Derrière le spectacle, la satire est nette. La prison reflète une société minée par la corruption. Les politiciens et les criminels en col blanc y vivent à leur guise. Les autres subissent.

Le casting est haut en couleur. Endy Arfian, Abimana Aryasatya, Yoga Pratama, Aming et Kiki Narendra se fondent dans une distribution chorale. Il n'y a pas de premier rôle, car c'est un film de groupe. Les personnages assument leurs extravagances, leurs clichés et leurs caricatures. Tous sont charismatiques. Ce sont de vrais délinquants, des criminels condamnés pour de réelles infractions. Vous éprouvez pourtant de l'empathie pour eux. Ils sont attachants du début à la fin. L'humour est omniprésent. Il fait redescendre la pression après chaque séquence éprouvante. C’est comme si vous interagissiez avec le film pour vous aussi vous clamer. Vous comprendrez l’importance de ce que cela signifie lors de votre visionnage du film.

La mise en scène donne un rythme haletant au film. Joko Anwar resserre la tension, puis laisse éclater la violence. Le montage, qu'il signe lui-même, alterne séquences nerveuses et respirations comiques. Chaque genre utilisé selon les séquences garde son identité sans casser l'ensemble.

Le public du festival Mauvais Tours l'a bien compris à l’entendre avec ses réactions vives tout au long de la projection.

Le film se classe dans la comédie d'horreur. Si vous avez le cœur bien accroché, vous passerez un excellent moment. La projection d'ouverture a bousculé tout le monde à Mauvais Tours. Ghost in the Cell est un excellent film de genre, sanglant et drôle.

Tiphaine et Xavier

 


https://youtu.be/_gxKcg8_pGc?si=jqy364mJLDEwS1DR