Date de sortie au cinéma : 08.07.2026

Réalisateur : Sébastien Vanicek
Scénaristes : Sébastien Vanicek, Florent Bernard
Casting :
Souheila Yacoub : Alice
Tandi Wright : Susan
Hunter Doohan : Joseph
Luciane Buchanan : Thya
Erroll Shand : Edgar
Maude Davey : Polly
George Pullar : Will

 

 

Evil Dead Burn est sorti en salle en France le 8 juillet 2026, distribué par Metropolitan Filmexport. Sébastien Vaniček, révélé par Vermines en 2023, réalise le sixième film de la saga créée par Sam Raimi. Il signe aussi le scénario avec Florent Bernard, son coscénariste habituel. Le tournage s'est déroulé en Nouvelle-Zélande, avec Philip Lozano à la photographie. Le film est interdit aux moins de 16 ans. Il promettait une expérience qui laisse des traces. Le film tente d’invoquer les vieux démons de l'horreur sans en posséder l'âme. Vous en sortez surtout déçu.

Le lien avec la saga reste mince. Vous retrouvez le livre des morts et une histoire de possession, rien de plus. Souheila Yacoub incarne Alice, qui rejoint la maison isolée de sa belle-famille après l'enterrement de son mari. Cette famille détient une arme capable de tuer les démons. Le deuil et les rancœurs font le reste. Tout bascule dans une violence brute, sordide et stupide.

Rien ne tient debout. Comment Joseph se relève-t-il après être tombé sur un bac à couverts du lave-vaisselle rempli de couteaux et de fourchettes ? Comment Alice garde son équilibre avec l'oreille interne percée ? Comment peut-on rester sur ses jambes après avoir perdu autant de sang sans arrêt cardiaque ? Le film ne s'en préoccupe jamais. La surenchère remplace la logique et rend tout fade. Les excès du remake de Fede Alvarez, en 2013, avaient au moins une énergie. Ici, la brutalité tourne à vide.

Les effets spéciaux sont soignés, mais trop propres. Avec le financement de New Line Cinema et de Sony Pictures, la précision technique n'étonne pas. Le gore ressemble à un produit fini, sans texture ni danger. La mise en scène laisse voir un réalisateur qui s'amuse. Certains plans sont réussis grâce à l'exploitation de beaucoup de gros plans, des enchaînements rapides de raccords morphologiques et une caméra qui tourne pour des effets upside-down. Cette envie de se faire plaisir suffirait pour un court métrage. Sur 1h50, elle devient une répétition. Le montage étire les mêmes séquences, sans respiration. Vous avez envie de partir au bout de vingt minutes. Si vous restez, c'est du temps perdu.

Les personnages n'offrent aucune prise. Souheila Yacoub se bat avec un rôle écrit à la hâte. Hunter Doohan, Luciane Buchanan et Tandi Wright incarnent des silhouettes interchangeables, sans évolution ni alchimie. Vous ne ressentez aucune empathie pour eux. Polly, la grand-mère atteinte de démence, jouée par Maude Davey, est pénible à regarder. Le film l'utilise mal du début à la fin.

Le traitement des violences faites aux femmes manque sa cible, alors qu’Alice aurait pu porter cette noble cause avec brio. D’ailleurs, les femmes se maltraitent entre elles avec une cruauté vicieuse, sans que personne ne réagisse. Le sujet sert de décor, jamais de propos.

Le son n'arrange rien. La musique est signée Double Danger. Les chansons choisies tombent systématiquement à côté et cassent l'ambiance au lieu de la nourrir.

Alain Chabat prête sa voix au père d'Alice, entendu uniquement lors d'une conversation téléphonique. Cette présence n'apporte rien à l'histoire.

Les deux scènes post-générique sont des clichés complets. Elles ne servent qu'à relier le film à Evil Dead Rise, de Lee Cronin, et à annoncer Evil Dead Wrath, réalisé par Francis Galluppi et prévu en 2028.

La saga a pourtant déjà montré comment mêler gore, humour et tension. Sam Raimi l'a fait dès sa trilogie d'origine. Evil Dead Burn n'a ni cette singularité ni cette audace. Il emprunte les codes du genre sans les travailler. Vous trouverez plus de frissons dans n'importe quel autre film d'horreur de l'été. Relancez plutôt les trois premiers Evil Dead.

Evil Dead Burn : un feu de paille qui s'éteint dans l'indifférence générale, laissant derrière lui l'amère odeur du gâchis.

 

Tiphaine et Xavier