
Date de parution : 01.07.2026
Editeur : Glenat Manga
Nombre de pages : 208
Editeur d'origine : Hakusensha
EAN : 9782344074879
EAN numérique : 9782331092121
https://www.glenat.com/glenat-manga/berserk-tome-43-9782344074879/
exite aussi en version collector : https://www.glenat.com/glenat-manga/berserk-tome-43-collector-9782344074886/
Guts ne se bat plus. C'est le choc de ce tome 43, très attendu depuis la disparition de Kentaro Miura le 6 mai 2021 : après l'affrontement avec Griffith sur l'île d'Elf Helm et l'enlèvement de Casca, Guts est dans un état d'apathie totale. Il encaisse, il subit, il n'oppose plus aucune résistance. Et c'est précisément quand leur navire tombe entre les mains de la tribu Bakiraka, guerriers redoutables, que cette passivité devient dangereuse.
Kouji Mori, dépositaire des intentions narratives que lui avait confiées Kentaro Miura, prend ici le relais aux côtés du Studio Gaga pour ouvrir un nouvel arc narratif : l'exil vers l'Orient, vers les terres kushanes. Isidro tente bien de résister face aux Bakiraka, mais seul contre une tribu aussi organisée que féroce, il n'a aucune chance. Autour de lui, tout le monde s'enfonce. Guts en premier lieu : le colosse indomptable de la série est réduit à une coquille vide, incapable de réagir à ce qui se déroule autour de lui. La question qui traverse tout le volume est simple et redoutable : qu'est-ce qui pourrait le faire réagir et se relever ?
Ce basculement psychologique fait tout l'intérêt du tome. Berserk a toujours joué sur la tension entre la brutalité du combat et la fragilité intérieure de ses personnages ; ici, cette fragilité prend le dessus, et l'absence de riposte de Guts pèse davantage que n'importe quelle scène d'affrontement. La vengeance, obsession structurante du personnage depuis des décennies, semble momentanément hors de portée. Reste la survie, nue, sans ambition.
Graphiquement, le Studio Gaga reste dans la continuité directe du trait de Kentaro Miura : décors écrasants, silhouettes tourmentées, scènes d'action denses et lisibles malgré leur violence. Rien dans la mise en scène ne trahit une rupture avec l'esprit original ; l'atmosphère pesante, presque irrespirable, des tomes précédents est intacte. C'est un travail d'héritier. C'est sans doute ce que nous pouvions espérer de mieux pour prolonger une œuvre aussi passionnante.
Quelques failles commencent à poindre du côté des adversaires de Guts : des tensions internes chez les Bakiraka sont esquissées sans être développées. Rien n'indique encore comment elles seront exploitées, mais l'amorce est posée pour la suite. Nous devrons patienter pour découvrir ces nouveaux ennemis et comprendre où Kouji Mori et le Studio Gaga comptent emmener Guts et ses compagnons.
On referme ce tome 43 sur une sensation de malaise : les bases d'une aventure sombre, encore incertaine. Rien n'est résolu, tout est en tension, et c'est précisément la fonction d'un tome réussi, pour lancer ce nouvel arc narratif. Merci au Studio Gaga et à Kouji Mori de porter, avec rigueur, le poids de cet héritage.
L'histoire continue et nous la suivrons jusqu'au bout.
Xavier