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Roman Rouzine est seul en scène ce soir. Il est accompagné par les bandes enregistrées avec de vrais musiciens, ceux qui l’accompagnent normalement sur scène
Ce qui est intéressant dans la musique de Roman Rouzine, c’est qu'il a toujours quelque chose à dire avec son instrument. Et qu’il partage avec le public ses sources d’inspiration. Il réussit à faire participer le public, qui frappe en rythme notamment sur le titre Mad Circus. Il nous explique que pour ce morceau, il était rentré en Ukraine, dans sa ville natale. À côté, il avait un cirque qu’il fréquentait étant petit. La ligne de front était à une centaine de kilomètres de là et ça lui a donné l'inspiration pour ce titre.
Avec sa guitare 7 cordes, il assure un show impeccable, devant un public de connaisseurs, comme quand la personne derrière moi dit « tout en mineur ! Ça le fait. » C’est dire si le public a l’oreille attentive et connaisseuse.
Nous avons aussi pu entendre le morceau Ato en hommage à l’Ukraine, avec Laura Nikobosian au piano. https://www.instagram.com/lauranicogossian/
Roman a un fils, Adam, né il y a 7 mois. Il nous interprète ce soir Rebirth, et le dédicace à sa femme Sarah et son fils. Un titre plus joyeux que le reste du répertoire proposé ce soir. Avec une attaque bien forte et les doigts qui sont toujours très précis sur la main gauche. Et la main droite n’est pas en reste, car il faut attaquer les cordes avec énergie et jouer avec vélocité pour que ça sonne.
Une musique qui vous transmet des sensations au-delà de la technique. Et le public sait apprécier la prestation en fin connaisseur.

Puis le Guitar Night Project est arrivé sur scène. En quoi est-ce que cela consiste : 3 guitaristes d’exception, chacun avec sa sensibilité, qui jouent ensemble ou en duo ou seul, mais toujours avec le batteur et le bassiste pour un concert de 20 titres qui alternent morceaux instrumentaux ou chantés. Voici la setlist pour vous donner une idée de la qualité de la soirée que vous passez à les entendre.
C’est technique, oui, mais c’est surtout plein de connexions qui se font entre les artistes qui se regardent en permanence, et aussi avec le public. Entre le blues de Fred, le rock de Pat et le métal instrumental de Patrick, vous avez 3 sensibilités qui se rassemblent dans un joli feu d’artifice sonore. Ici pas de concurrence, juste le plaisir de jouer ensemble et de partager son amour des belles notes.

La facilité de jeu de Patrick Rondat, toujours le sourire aux lèvres, continue de m'époustoufler : sweeping, tapping, rapidité et gros riffs avec une main droite ultra-solide. Tout y passe, notamment sur Blackhand. Et sur Nuage, un titre en hommage à Django Reinhardt, Patrick Rondat voulait avoir Fred Chapellier, quel plaisir à entendre en live dans cette configuration.
Et ce titre Burn Out est impressionnant à voir, par sa diversité et son énergie.

Fred Chapellier a un toucher de guitare impressionnant, toujours pour une note forte, qui porte et qui vous fait vibrer. Ici c’est la qualité qui compte avant la quantité. Et le fait qu’il joue aussi bien au médiator qu’aux doigts lui donne une possibilité de modulation du son infinie. S’il s’amuse à jouer sur le volume en plus comme sur le titre de blues Don’t Take Me For A Loser, alors vous êtes aux anges !
Et Pat O’May lui, vit chaque instant. Il faut voir son visage accompagner les mélodies. Il est comme tout le public, transporté par l’émotion de la musique qu’il joue sur sa six cordes. Vous avez l’impression de voir un enfant qui participe au meilleur jeu de sa vie. Ça fait chaud au cœur de voir une telle passion s’exprimer sans retenue, en toute simplicité.
Avec des titres hommage comme Gary’s gone pour Gary Moore ou Alan the brave pour Alan Stivell

Un moment de partage, y compris d’explications de leur private-joke comme quand Pat plaisante en disant que Patrick Rondat l’a influencé même si « c’est pas flagrant ». Cela est devenu une blague entre eux car un jour Pat a sorti une guitare rouge et dit à Patrick, qu’avec cette guitare il avait moins de pains, et Patrick de répondre « c'est pas flagrant ». Depuis ils s’amusent autour de cette réflexion. Maintenant si vous les entendez l'utiliser, vous saurez qu’ils se font une petite blague entre eux.
Quelle belle leçon de guitare nous avons tous prise ce soir.
Quelle superbe prestation de la part de 5 artistes (car il ne faudrait pas oublier le bassiste et le batteur qui assurent l’intégralité du concert). Dans une salle surchauffée en cette période de canicule exceptionnelle du mois de mai. François C Delacoudre à la basse https://www.facebook.com/fcdelacoudre et Piwi à la batterie https://www.facebook.com/piweesymphonicdrummer

Pat O’May nous a raconté que pendant la seconde guerre mondiale, un pont en Normandie, qui a été surnommé le Pegasus Bridge était tenu pas les Allemands. Les français doivaient prendre le pont. Il y a un piper Bill Millin qui a décidé de traverser le pont en jouant le pont le plus fort possible de son instrument, il aurait dû être tué. Mais les allemands se sont finalement rendus sans combattre. Il n’y a eu aucun mort ce jour-là pour la prise de ce pont. C’est en son honneur que le titre Overlord a été interprété ce soir. Pour plus d’information sur cette histoire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bill_Millin
Et Over the hills, far away en dernier titre ! Ce très grand classique anglais du XVII e siècle repris par tant de groupe de Led Zeppelin en passant par Gary Moore et Nightwish!
Parfait pour finir la soirée dans une ambiance très festive.
Plus de deux heures de concert ! une complicité incroyable, une qualité de jeu impressionnante et une simplicité déconcertante. 3 grands artistes qui vous partagent leur plaisir de jouer de la guitare ensemble.
Xavier

