Pour mettre l’eau à la bouche des festivaliers avant la véritable cérémonie d’ouverture du jeudi 5 avril 2012, Le Festival Mauvais Genre a proposé une séance en pleine air sur écran géant le mercredi 4 avril. La projection en soirée présentait dans la cour du château de Tours le film de Ken Russell Les Diables, produit par Warner Bros, dans en version originale sous titrée avec une copie 35mm. Une rareté donc, un moment unique même, qui permettait de rendre hommage au grand réalisateur de genre Ken Russell décédé l’année dernière mais également à l’acteur principal Oliver Reed qui a dans ce film une prestation impressionnante.

Environ 80 personnes ont assisté à cette projection, ne se laissant pas intimider par les gouttes de pluie et profitant des plaids sur les transats prévus par l’organisation. Quelques chauves-souris ont profité de la luminosité qui attirait leur repas pour festoyer occasionnellement. Tout s’est donc passé pour le mieux !

Les Diables qui reprend le complot des possédées de Loudun, traite de l’intolérance religieuse et de la politique répressive de Richelieu. Datant de 1971, il n’a pas tant vieilli car il faisait volontairement dans l’outrancier et on ne le trouve pas si ‘daté’. Brûlot érotique et dénonciateur, le film reste controversé. Nous en retiendrons l’excellent jeu d’Oliver Reed et les traits d’humour dénonciateur de Ken Russell, qui utilise parfois la limite du burlesque pour faire passer son propos (scène de chasse aux oiseaux par le roi et alternance entre discours de Richelieu sur Loudun et de Grandier pour défendre les remparts de la ville).
Les scènes de possession par contre paraissent excessives et rendent parfois la narration chaotique de même que certains maquillages vraiment outrancier.

En tout état de cause, il est dommage de ne pas connaître ce film et surtout il était dommage de ne pas assister à une si rare projection que celle proposée dans le cadre du Festival Mauvais Genre 2012 !

Ça y est, l’heure de l’ouverture officielle de la 6ème édition du Festival Mauvais Genre est arrivée. Tout le monde avait rendez vous au Nouvel Olympia pour découvrir dans un premier temps un court métrage néo-zélandais PREFERABLY BLUE, puis le long métrage méxicain MISS BALA de Gerardo Naranjo.

Mais avant tout cela, il y avait devant les portes du théâtre une animation musicale assurée par le quatuor Mégamix. Tout en s’amusant avec leurs instruments le groupe assure le spectacle et même si l’humour est omniprésent, les musiciens se doivent de la plus grande rigueur dans leurs interprétations. Un bon moment qui est passé très vite.
http://www.myspace.com/quatuormegamix

Une fois tout le monde installé dans la salle de projection, Gary Constant nous a fait un petit discours, comme il se doit. Avec l’appui de l’attachée à la culture de la ville de Tours, qui a su rappeler que le Festival Mauvais Genre avait toute sa place.
Preuve en était la salle bien remplie du Nouvel Olympia. Il existe une demande pour la curiosité culturelle, espérons que tous sauront faire preuve de largesse d’esprit que l’ensemble des subventions et autres mécénats continueront d’être attribués pour de nombreuses années au Festival Mauvais Genre.

Ce fut ensuite l’heure de présenter le ‘jury jeune’ et le ‘jury de professionnel’ présidé cette année par Benoît Delepine. Les autres membres sont Elsa Lunghini (Chanteuse et Comédienne), Emilia Derou-Bernal (Comédienne), Romain Slocombe (Ecrivain, Scénariste, Photographe, Auteur BD) et Ian Mc Donald (Auteur et Producteur tv).

 

C’est ainsi dans la bonne humeur que nous avons découvert PREFERABLY BLUE. Un court métrage d’animation qui met en scène un lapin alcoolique, accro aux anti-dépresseurs. Le pauvre lagomorphe n’en peut plus de voir le Père Noël rafler toute la sympathie du monde alors que Pâques, tout les gens s’en moquent ou peu s’en faut. Il décide alors d’élaborer un plan pour voler le sac de l’homme en rouge. Mais l’alcool n’est jamais bon conseiller pour établir un plan sans accros…
Les références à Tim Burton et son Nightmare Before Christmas sont tellement marquées que cela en devient gérant : même tonalité pour la voix off, texte en vers, le Père Noël, les plans dans la maison etc.
Au final, nous avons souri, 2 ou 3 fois ri, mais cela ne va pas plus loin. Il manque un petit quelque chose pour que l’histoire décolle vraiment. Soit plus d’humour, soit plus de trash. Quoiqu’il en soit, en cette période de Pâques, PREFERABLY BLUE tombait à point nommé. Une entrée en matière intéressante pour le Festival.

Puis, nous avons vu MISS BALA, qui a été également projeté au Festival de Cannes dans la sélection Un Certain Regard. Le film dure 113 minutes, c’est long ! Les scènes s’enchaînent et nous attendons qu’il se passe quelque chose, mais rien n’arrive. Les acteurs et actrices n’ont aucun charisme, leurs personnages n’entrent jamais en empathie avec le spectateur. Et finalement, même s’il arrive de terribles choses à l’ensemble des protagonistes, cela ne nous fait ni chaud ni froid. Dommage car le propos du film est intéressant. Gerardo Naranjo a voulu dénoncer le système politique et policier mexicain qui est pourri par la corruption. Son parti pris de mettre en scène une jeune prétendante au titre de Miss Basse Californie, qui se retrouve obligée de collaborer avec des criminels pour sauver sa peau et celle de sa famille aurait pu fonctionner. Mais l’inexpressivité de Stéphanie Sigman et nullité du jeu de Noe Hernandez ruinent toute tentative de mise en scène.
Au final les actes se succèdent, sans qu’aucun moment ne soit plus important que le précédent. Aucun climax, aucune tension. Tout est sale, minable et désincarné.
Le projet était intéressant, le résultat décevant. Nous sommes ressortis avec un goût amer, car il aurait fallait de peu de choses pour transformer ce film en un chef d’œuvre bouleversant qui donne envie de se révolter contre cette dictature de l’argent, de l’exploitation de son prochain et de la violence impunie. Tant pis.

Pour les courageux ou ceux qui ne se lèvent pas tôt vendredi matin, vous pouviez rester au Nouvel Olympia pour voir GRATUITEMENT, le documentaire de Laurent Duroche sur Nicolas Winding Refn, le réalisateur de Drive. Nous n’avons malheureusement pas pu assister à cette projection.

Vendredi :
Heavy Girls premier film en compétition (plus tard primé par le Jury) est notre grand regret. Programmé fort tôt dans la soirée (ou plutôt en fin d’après midi à 17h30), il nous a été impossible de le voir. Ne pensant éventuellement pas être les seuls membres du public à travailler un vendredi, nous déplorons qu’un film manifestement d’une telle qualité n’est pas été proposé un peu plus tard dans la soirée (au moins vers 19h) ou au cours du festival.

Vernissage Exposition « Broken Women Soldiers » de Romain Slocombe

Inspiré par un de ses personnages fétiches, photographe de son métier, Romain Slocombe a pris les clichés qu’aurait pu prendre celui-ci.
Exposées dans le Péristyle de l’Hôtel de ville ces femmes asiatiques combattantes, luttent pour leur liberté même blessées ou entravées.
Sobrement présentées sur des fonds noirs, cette vingtaine d’œuvres montrent un panel varié de femmes courages qui prennent leurs armes à bras le corps, ce que certains trouveront érotique.

interview de Romain Slocombe (prochainement remise en ligne)

 

La Nuit interdite

Autant le dire tout de suite, nous avons été déçus par cette soirée. Le traditionnel temps fort du festival n’a en effet pas atteint le niveau des années précédentes, loin s’en faut. Au fil des années tout d’abord, le nombre de longs métrages proposés a baissé pour finalement aboutir à deux cette année. Le côté festif a quasi disparu également à cause de films aux propos choquants, qui se prennent parfois trop au sérieux. Mais où est donc passé le ‘grand guignol’ ?!
La soirée se déroulait donc au Nouvel Olympia où le festival offrait de nouveau un panel d’activités multiculturelles : exposition de peintures western de J The Antiproduct (http://jresistance.blogspot.com/ ), un tableau de dropeone réalisée hier soir (http://drope1.canalblog.com/), animation jeux de l’Ouest avec l’association J’en perds mon lutin (http://jenperdsmonlutin.fr/) et bien sûr des projections avec deux longs métrages et quatre courts.

En ce qui concerne le jeu, il s’agissait d’une ‘killer party’ dans une version alternative. Des bandits, gangsters et autres gringos malhonnêtes distribuaient des cartes de poker. Aux joueurs, lorsqu’ils se croisaient, de se défier en lançant des combinaisons de poker. Celui qui avait la meilleure combinaison gagnait une carte piochée au hasard dans la main de son adversaire. Tous les coups (bas) étaient relativement permis à condition de ne pas se faire prendre ! Que pouvait-on attendre de plus d’un jeu animé par des hors-la-loi ?
Le vainqueur de la soirée, heureux possesseur de 10 cartes, a gagné l’excellent et très convivial jeu Bang! de chez Da Vinci Games.

Du côté des projections, nous sommes plus qu’heureux que les courts métrages existent et surtout qu’ils aient fièrement relevé le niveau de la soirée.

Pour commencer Karma Koma, car le film initialement prévu en projection s’est fait interdire de diffusion il y a quelques jours (Aurélia Mengin ne nous en a pas dit d’avantage). En remplacement, Aurélia Mengin a proposé son deuxième court métrage réalisé sur l’île de la Réunion avec Philippe Nahon, Jackie Berroyer, Aurélia Mengin.
Un film très esthétique, bien rock n’roll comme le précise Aurélia Mengin, qui l’a réalisé sans prise de son. Tout a été monté en post-production. Ce qui donne une ambiance très particulière au film. La qualité des images et de la photo est à souligner. Dommage que nous n’ayons pas pu voir sa dernière production, mais ce fut une réelle opportunité de voir Karma Koma.

Premier long métrage de la soirée The Raid de Gareth Ewans que certains d’entre vous connaissent déjà pour avoir vu dans une précédente édition du Festival son précédent long métrage Merantau.
L’histoire de The Raid : en fait, il n’y en a pas. Enfin presque pas : un commando de policiers s’attaque au quartier général d’un trafiquant de drogue. C’est une sorte de film d’action pure ou tout n’est que prétexte aux combats (armes blanches, mains nues, armes à feu…). Du coup, si vous aimez les longues chorégraphies vous allez être aux anges, sinon, cela va rapidement vous ennuyer. Les combats ont été orchestrés par Yayan Ruhian et Iko Uwais qui interprètent respectivement les rôles de Mad Dog et de Rama dans le film. Ils ont dû se faire plaisir car toutes les techniques sont utilisées, avec ou sans câble, utilisation du mobilier, des différents étages de l’immeuble… Tout y passe. Il faut dire que le combat est sans merci entre les policiers et les mafieux. Ça saute, ça frappe, ça explose en permanence. Ne cherchez aucune vraisemblance dans ce qui arrive. L’important, c’est l’action, uniquement l’action. Pour cela Gareth Ewans multiplie les angles de caméras. Il a du passer beaucoup de temps à tourner, car être coincé dans les couloirs de l’immeuble et avoir autant de prises de vue relève du tour de force.

The Raid est un bon exemple de ce qui se fait de mieux en matière de film d’action, si un scénariste pouvait être utilisé lors de la réalisation du prochain film du réal, ce serait encore mieux, parce que 101 minutes de baston, c’est bien, mais c’est long.

Après la pause, nous avons vu 3 courts métrages :

 

Jack est un court métrage déjà diffusé dans une précédente édition de Mauvais Genre. Le principe est simple : nous sommes le soir d’Halloween, les citrouilles se rebellent. Jack a été écrit, réalisé et monté en 48 heures pour le Bloodshots 48 Hour Horror Competition. Bien fun, bien trash, le public commence à bien réagir, car il n’attendait que ça.

Un soldat envoyé en mission au milieu d’une invasion zombie se retrouve avec une envie insoutenable d’aller aux toilettes!
Un clin d’œil aux films de zombie et aux jeux vidéo. 

 

Et en troisième court métrage : Roid Rage. Allez sur le site officiel, vous pourrez y voir le dernier court ‘Special Noël’ qui vaut le coup d’œil ! http://roidragethemovie.com/

Un homme a quelques problèmes qui auraient pu faire penser à des hémorroïdes. Mais c’est bien plus grave que cela. Une très bonne idée de détourner et réutiliser tous les codes des films de genre : SF, Horeur, Grind House… Un résultat jouissif.

Puis est arrivé l’heure du second film de la soirée : Morituris.

Ne vous laissez pas abuser par la bande annonce! Ce film qui nous avait été présenté comme un hommage au film d’horreur italien des années 80 n’en est pas un !

L’histoire : une jeunes femmes étrangères partent à une rave-party avec 3 italiens qu’elles ont rencontrés la veille. Une fois arrivés au milieu des bois, il n’y a pas de rave. C’était un traquenard ! Les deux filles vont se faire violer et frapper par les 3 garçons. (ces scènes de violences gratuites et injustifiables ont fait sortir plus de 30 personnes de la salle, nous les comprenons et nous demandons encore pourquoi nous n’avons pas fait de même car le film n’est pas du tout intéressant). Ensuite des Gladiateurs revenus de la Rome Antique apparaissent et tuent tout le monde, femmes violées et hommes violeurs, sans aucune distinction. Fin du film.

Aucun intérêt. Musique très mal utilisée, scène de début trop longue, scène de viol insupportable, scène de torture inadmissible. Nous ne comprenons toujours pas l’intérêt de réaliser un tel film, de jouer dedans et de le projeter (heureusement qu’il ne passe qu’en festival, il ne manquerait plus qu’un distributeur en fasse la promotion). Et dire que le film a été tourné avec une caméra Red ! ça veut dire qu’il y a eu un bon budget ! Quel argent gâché !
Le nuit interdite a perdu son côté fun et décalé qui faisait son succès lors des précédentes éditions. Espérons que ce ne soit qu’un incident de parcours.

 

Samedi :
Difficile de se remettre de Morituris. C’est donc avec un goût amer et une certaine appréhension que nous sommes arrivés devant Le Petit Faucheux pour cette nouvelle journée du Festival.

Le premier film proposé est The Show Must Go On de Nevio Marasovic. Ce film croate nous fait suivre en parallèle un groupe de jeunes adultes qui participent à une émission de téléréalité de type Big Brother, Le loft, etc et le producteur de cette émission. Pour ce dernier, la vie n’est pas si facile que cela, son ex-femme lui mène la vie dure. Mais le pire est à venir, car un conflit armé se profile. Quoiqu’il arrive, le producteur va tout faire pour que son audience soit au rendez vous et refuse de prévenir les concurrents du danger imminent.

L’idée est bonne, le traitement également. Les acteurs sont tous à la hauteur de leur rôle. Certes, ce n’est pas du grand cinéma, mais tout est bien en place. Et malgré un budget qui a du être serré, Nevio Marasovic réussi à nous emmener dans son futur proche dans lequel il dénonce quelques dérives de notre monde actuel (problème familiaux, prépondérance de la vie professionnelle…). Un film intéressant à découvrir.

Ensuite, fut projeté Marianne de Filip Tegstedt. Le réalisateur, qui est également le producteur et le scénariste de ce long métrage, a adapté le folklore de son pays pour donner naissance à ce film. Filip Tegstedt parle ici de Mara. C’est en quelque sorte l’équivalent d’un loup garou au féminin. C'est-à-dire une femme qui vit normalement le jour, mais la nuit se transforme et étouffe les gens dans leur sommeil, mais le lendemain matin, elle ne se souvient pas de tout ce qui s’est passé. Filip Tegstedt a transformé sa Mara en fantôme pour faciliter la compréhension du public. Pour en savoir d’avantage, vous pouvez écouter son interview :  le lien sera rajouté prochainement

 

Sur fond de drame familial autour du deuil d’une famille, Filip Tegstedt nous offre une belle histoire fantastique. S’il a du beaucoup investir pour mener à bien son projet, le résultat est à saluer. Tout est parfaitement maitrisé. Les acteurs sont tous de très grande qualité. Pour en savoir plus écoutez l’interview de Filip Tegstedt.
Le déchirement entre le père et sa fille, la douleur du deuil, l’implacable volonté de vengeance de la mara sont autant d’éléments qui rendent le film saisissant. Un film à voir dès que vous en aurez l’occasion, car il sortira en salle en juin 2012.

La première séance du soir : Kotoko de Shinya Tsukamoto. Une fois de plus le réalisateur japonais nous propose une tranche de vie hallucinante, dans tous les sens du terme.
L’actrice Coco, chanteuse connue au Japon interprète le rôle de Kotoko, une jeune femme qui a des hallucinations visuelles. Elle voit certaines personnes en double. Le problème vient du fait qu’elle ne sait jamais quelle personne est réelle. Souvent ses visions sont accompagnées d’un événement violent: agression, accident… Le seul moment où elle se sent bien, c’est lorsqu’elle chante ou qu’elle s’automutile. Une difficulté supplémentaire : Kotoko a un enfant en bas âge. Devant l’intensification de ses crises, il lui sera enlevé pour être confié à sa mère. Et malgré l’aide de son voisin Seitaro Tanaka, joué par Shinya Tsukamoto lui-même, la situation ne va pas s’arranger. Kotoko va, à la demande de Seitaro Tanaka, passer ses nerfs sur lui. Au lieu de s’auto-mutiler, elle va le taper. Ce qui nous offre quelques scènes bien sanguinolentes, car Kotoko n’est pas la douceur incarnée.

Shinya Tsukamoto frappe une nouvelle fois très fort avec un film poignant, d’un esthétisme rare dont il a le secret avec une jolie bande son, grâce aux nombreuses parties chantées par Coco. Shinya Tsukamoto a choisi de nous plonger dans un monde à la limite de la folie pour nous bousculer une fois encore. Ici ni fantôme, ni démon, mais un mal être exacerbé pour une jeune mère. Les relations au corps sont également très présentes. Que ce soit les scènes durant lesquelles PPPP se taillade les bras ou lorsqu’elle défigure Seitaro Tanaka par ses coups, Shinya Tsukamoto arrive toujours à justifier sa violence comme une sorte d’exorcisme. Un mal pour un bien en quelque sorte.

D’ailleurs le Jury Jeune ne s’est pas trompé en attribuant à Kotoko le prix du meilleur long métrage.

Et pour finir la journée : The Bunny Game d’Adam Rehmeier (qui vient de finir le tournage de son nouveau long métrage consacré au personnage de Jonas qui apparait dans The Bunny Game pour voir la bande annonce : lien ici). Le film est interdit aux moins de 18 ans. Et voici comment il était annoncé sur le programme : "Bunny est prostituée, sans domicile fixe et junkie. Elle croise un jour la route de Hog, un camionneur. L’enfer, alors, se déchaîne…
Interdit en Angleterre, ce film d’horreur expérimental, pour public averti, est une véritable expérience déstabilisante."

Pour commencer nous allons reprendre les choses car cette présentation ne cadre pas vraiment avec le film. Elle ferait d’ailleurs plus tôt peur et risque de repousser une partie des spectateurs. Alors qu’au contraire, The Bunny Game est un film à voir, car certes il existe une véritable violence, mais elle est psychologique et non physique.
Ensuite, pour le fait que le film soit interdit aux moins de 18 ans: cela n’est du qu’au fait que The Bunny Games commence avec une scène de fellation filmée en gros plan, comme n’importe quel film pornographique. Dans ces conditions, il est normal de l’interdire aux mineurs.
Pour le personnage de la prostituée: elle est junkie et sans domicile fixe. Lorsqu’elle croise un camionneur au surnom plus qu’évocateur ‘Hog’. Celui-ci va la kidnapper pour l’emmener au milieu du désert. Il va la retenir dans la remorque de son camion pendant plusieurs jours. Il va alors lui faire peur avec son couteau, l’humilier en lui rasant le crâne, la harceler avec des lumières stroboscopiques etc. Mais pas de violence physique extrême, pas de coup de couteau, pas de viol. L’agression reste psychologique. C’est la raison pour laquelle je ne peux me résoudre à classer ce film dans la catégorie film d’horreur.
Par contre, pour le côté expérimental, nous sommes entièrement d’accords. D’ailleurs Adam Rehmeier a jusqu’à présent uniquement comme expérience professionnelle, la qualité de Camera-Operator. Cela se sent. Il sait parfaitement utiliser les angles de caméras, ce qui donne beaucoup de rythme à son film, mais niveau direction d’acteur, ce n’est pas encore cela. Peu importe, la grande majorité du film ne comporte pas de dialogue. De ce fait, la musique a une place de choix. Et Adam Rehmeier a su choisir comme il se doit des sonorités oppressantes pour ne jamais relâcher la pression sur le spectateur.
Ce film est une véritable curiosité. Je vous le conseille très fortement, car même s’il est dérangeant et violent, le traitement proposé est visuellement intéressant.

Dimanche :


La première séance de dimanche était consacrée à Victims, un film anglais de David Bryant. Il était présenté ainsi sur le programme : "Un homme est kidnappé par des ravisseurs et accusé d’actes pédophiles. Mais est-ce bien lui le coupable ? Tourné caméra à l’épaule, un huis-clos psychologique implacable."
Une fois encore, nous nous devons de contredire la présentation qui a été faite. Certes un homme est kidnappé, mais il n’est pas accusé d’actes pédophiles. Il a désormais 31 ans, c’est le jour de son mariage. Ses kidnappeurs lui reprochent des faits qui se sont déroulés il y a 20 ans. Il avait 11 ans à l’époque, il a kidnappé, frappé, violé et tué, une fille de 4 ans. Lorsque l’on a 11 ans, on n’est pas pédophile ! Toujours est-il que maintenant, c’est l’heure de payer pour ce qu'il a fait. C’est là le début d’un huis-clos psychologique implacable!

Tourné en 10 plans séquences (je n’en avais vu que 4) le film se déroule caméra à l’épaule. Vous visionnez les bandes qui ont été enregistrées par les ravisseurs. La première partie du film se passe dans le camion qui transporte l’accusé, puis dans une ancienne usine abandonnée. Les très longues scènes sont un véritable tour de force pour les acteurs. Réussir à garder leur sérieux, leur concentration pendant plus de 20 minutes est remarquable. Car le sujet est grave : l’homme kidnappé nie catégoriquement être l’auteur des faits qui lui sont reprochés. Il faut mettre beaucoup d’émotion dans le personnage. C’est ce que réussit parfaitement bien à faire John Bocelli. C’est lui qui tient le film du début à la fin. Sans sa prestation, le film n’est rien, ses expressions, l’intensité de sa plaidoirie, de ses interrogations sont autant de pierres qui permettent de construire un film magistral qui vous mettra une énorme claque par sa chute. Je n’en dis pas plus.
Un film saisissant à voir absolument.

En milieu d’après midi, nous avons eu droit à une Master Class de Benoît Delépine. Benoît Delépine a préféré que cela se déroule comme un entretien. De ce fait, après un rapide retour sur le parcours scolaire de Benoît Delépine, celui-ci nous a expliqué comment il était arrivé jusqu’à réaliser des films. Le tout avec beaucoup d’humour. Benoît Delépine s’amuse beaucoup de sa propre situation et de sa notoriété, parlant librement. Il jouit de tout et profite de chaque instant. Ainsi de nombreux changements sont opérés lors des tournages, car toutes les portes restent ouvertes et n’importe quelle (bonne) idée a sa place. Pour illustrer cet entretien, Benoît Delépine avait choisi plusieurs extraits de films qui l’ont influencé, ainsi que des passages de ses propres réalisations. Nous avons vu des extraits de Les Galettes de Pont-Aven, Série Noire, Loulou (film avec Depardieu en loubard), Aaltra… Malheureusement pas d’extrait du prochain film, qui sortira au mois de juin. Mais la description qui en a été faite laisse augurer d’un grand moment (de cinéma ?) avec Albert Dupontel en Punk à chiens et Benoit Poelvoerde !
Une rencontre sympathique qui permit d’augmenter encore si cela est encore possible, le capital sympathie de Benoît Delépine.

Puis ce fut le moment tant attendu de découvrir la sélection de courts métrages effectuée par Mad Movies. Avec en maître de cérémonie Monsieur Erwan Chaffiot:

Mais juste avant une petite surprise : le court métrage de Xavier HIBON, que vous connaissez déjà pour la projection de son film Mauvaise Erreur lors de l’édition 2010 du Festival (en souvenir son interview de l’époque : lien ici). Intitulé Crépuscule Doré il met en scène Blandine Bellavoire (membre du jury l’année dernière) et au maquillage Steve Johnson (également membre du jury 2011). Comme quoi, le Festival Mauvais Genre créé quelques rencontres fructueuses !
L’histoire se déroule dans une maison de maison de retraite, si certains pensionnaires s’ennuient, d’autres ont trouvé de quoi s’occuper…

Pour la sélection Mad Movies, tous les réalisateurs métropolitains étaient présents. A l’exception donc de l’un d’eux, qui habite l’île de la Réunion.
Nous avons vu :
Le blanc c’est le meilleur, réalisé par Gregg Ruggeri : un film qui dénonce l’intolérance grâce aux Zombies, oui, c’est possible ! Un film intelligent et drôle.
Pour écouter l’interview de Gregg Ruggeri : l'interview sera rajoutée prochainement

Un fan film sur Dead Pool, réalisé par Matyas Vertesi. Les cascades sont très bien filmées et chorégraphiées. L’histoire est simple : il faut sauver une fille. Il y a des méchants à éliminer, que les combats commencent… Un petit effort sur le costume aurait été un plus. Il faut signaler la qualité des incrustations des dessins au milieu des images. Cela se révèle du meilleur effet. Pour écouter l’interview de Mathias Vertisi, qui tient à remercier tout particulièrement Stéphane Chaput et Erwan Chaffiot : l'interview sera rajoutée prochainement

 

Zeropolis, réalisé par Quarxx. Il s’agit du 3ème film de sa trilogie. Ambiance grand délire, rock n’roll, erotico, trash. Avec un personnage de Youri Israel haut en couleur, porté à l’écran par l’acteur IIIIIII, également présent. Vous pouvez retrouver les 3 moyens métrages sur internet : Rasta Kamikaze Bang Bang: Lien Daily Motion, Dirty Maurice: Lien Daily Motion, Zeropolis: Lien Daily Motion. Pour écouter l’interview de Quarxx et de Philipe Pasquini: l'interview sera rajoutée prochainement

 

Faim 2 mort de François Yagopian : un film bien gore dans une cuisine Lien Daily Motion

Stress Killer d’Emma Spook et Gil Gloom : où les effets pervers d’une petite pillule anti stress sur un agent de sécurité. Très frais et très fun. Un film à voir sans attendre, c’est bon pour ce que vous avez.

Les Fragments d’Iris de Thomas Belair : un projet de fin d’étude. Une histoire fantastique. Pour écouter l’interview de Thomas Belair : l'interview sera rajoutée prochainement

Tout l’après midi le square Sourdillon accueillait dans le Village Mauvais Genre des séances de dédicaces de Ian Mc Donald et Romain Slocombe (membres du Jury) ainsi que Freddy Martin (co auteur avec Romain Slocombe de « Les Fabriques de la mort » ed. Delcourt), ainsi que Thomas Day (‘Du sel sous les paupières’, inédit Folio SF, notamment) et Frédéric Mur (Pantz).
Pour écouter l’interview de Thomas DAY : l'interview sera rajoutée prochainement

Pour écouter une courte interview de Ian McDonald :l'interview sera rajoutée prochainement

La pause musicale était assurée de 19h15 à 20h dans le square Sourdillon par le Royal Ukulélé Orchestra de Touraine. Des classiques majoritairement jazzy ont été joués au Ukulélé.

En ce début de soirée, LA SEANCE à laquelle tout le monde voulait être : L’avant première mondiale de Metal Hurlant Chronicles! Une projection GRATUITE des deux premiers épisodes de cette série française, produite par We Productions. La première saison compte 6 épisodes. Il reste encore quelques petites choses à finaliser, comme les sous-titres, le générique, mais ce que nous avons pu voir démontre déjà une extraordinaire maitrise de la part de toutes les équipes qui ont participé à ce projet. Mais ce qui est triste, c’est que la première saison n’a toujours pas été achetée par une télévision française, alors que des chaines étrangères ont déjà pré-commandé la deuxième saison. Et dire que l’intégralité de la première saison a été tournée avec un budget inférieur à 1 seul épisode alloué à une série française. C’est tout simplement honteux. Comme si les chaines françaises ne pouvaient que diffuser des comédies pour un public lobotomisé. Cela dit, je garderais toujours en mémoire les mots de Patrice Lelay qui disaient que les téléspectateurs de TF1 étaient des cerveaux disponibles pour recevoir les pages de publicité. Cet état d’esprit semble toujours en vigueur. Dire que le câble et la TNT devaient apporter plus de diversité! 
Quoiqu’il en soit, nous avons eu l’extrême honneur de visionner 2 épisodes de la série. Je pense que les personnes qui se sont vu refuser l’accès la salle peuvent se mordre les doigts de ne pas s’y être pris d’avantage à l’avance.

Le premier épisode reprend une nouvelle de Roger Corman. Univers médiéval. Un tournoi est organisé pour que son vainqueur devienne Roi, à la place du monarque mourant. Quelles sont les aspirations des guerriers ? Et que va pouvoir changer le nouveau régent ?
Le second épisode vous plonge dans un univers post apocalyptique. Une jeune femme se réveille dans l’abri anti-atomique de son voisin. Ce dernier lui annonce que le monde n’existe plus depuis quelques heures, en raison d’une attaque atomique. Ils ne doivent plus sortir de ce bunker ! Triste réalité ou séquestration déguisée ?
La réalisation est irréprochable. Tout a été calibré pour une redoutable efficacité. Si le premier épisode est très teinté par les techniques d’effets spéciaux utilisées par Zack Snyder pour 300, le deuxième épisode est plus original. Quoiqu’il en soit, les ambiances proposées fonctionnent à merveille. Et même avec un format relativement court (26 minutes), les histoires tiennent toutes leurs promesses. Tous les acteurs sont charismatiques. Il n’y a eu aucune erreur dans l’adaptation des nouvelles. Il y a fort à parier que les 4 autres épisodes de la première saison sont de la même trempe. Ce qui augure du meilleur. Pour avoir entendu certains fans particulièrement pointus sur Metal Hurlant, les vidéos reprennent parfaitement l’ambiance du magazine.
Tout simplement BRAVO à We Productions pour ce pari, qui prouve que la France est remplie de talent. Il ne reste plus qu’à le faire savoir au public français rapidement, car le reste du monde va bientôt le savoir.

Nous sommes restés sur cette très bonne impression pour la journée.

La séance de « minuit » était quant à elle consacrée au film indonésien 9 temples de Saranyoo Jiralak. Plusieurs spectateurs nous ont transmis leurs impressions le lendemain, précisant que le film était d’une lenteur agréable, avec un bon scénario. La toute fin les a toutefois un peu pris de cours avec une opacification du propos due à une explication mystique quelque peu brumeuse. Ce film a été globalement bien apprécié.

Lundi :
Les courageux lève-tôt ont été largement récompensés par un superbe « navet » SF vampirique digne des meilleurs moments de l’histoire du festival Mauvais Genre! Planet Of The Vampire Women de l’américain Darin Wood était présenté hors compétition en première européenne.
On y découvrait bon nombre de poitrines dénudées au moindre petit combat, des pirates de l’espace aux dents longues, des monstres ridicules en papier mâché sur une planète possédant des vestiges de temples antiques dans lesquels évoluaient les personnages au doux son de la harpe et du synthétiseur, un sublime et très comique clone féminin qui changeait de (petite) tenue toute les dix minutes et manipulait toutes sortes de flingues, des acteurs masculins dont un semi robot d’une inexpressivité affligeante et bien évidemment des vampires! Avec un cocktail pareil, nous ne pouvions que nous amuser tout au long du film. Ce fut chose faite et nous sommes sortis ravis de la séance!
Pour remercier les spectateurs de leur fidélité matinale, un brunch de pâques était offert dans le square Sourdillon, un petit moment convivial et sympathique avec une déco à la fois désuète et décadente faite de poupées à la tête arrachée, de vieux jouets, et de meuble recouverts de vieux journaux jaunis.

De quoi repartir pour une fin de festival marathonienne, avec pour commencer la compétition internationale de courts métrages.

Cette année, 12 films se disputaient la vedette, pour une compétition très ouverte mélangeant les genres et les techniques.
Closed de Wilde Rudy (présent) nous montrait en animation les aléas d’une jeune femme se rendant aux toilettes avec son téléphone portable.
Le diable en personne de Philippe Lupin, montrait un diable à l’accent québécois prêt à tout pour recruter, y compris à monter une comédie musicale.
Prita Noire de Sofia Carillo, rappelle certaines iconographies mexicaines à travers deux sœurs qui cohabitent ou peut-être une fille et sa poupée ?
The Pack de Owen Tooth montrait des personnes nues et pleines de sang endormies dans un entrepôt en pleine journée. Nous vous laissons en imaginer la logique raison…
Moxie de Stephen Irvin présentait un ours dépressif et pyromane et comment il passa sa dernière semaine, le tout en animation.
Devil On Commission de David Evans montre un homme qui se réveille et ne semble pas avoir les idées super claires et reçoit un appel téléphonique dont l’issue changera la donne. Un traitement intéressant avec une vraie bonne chute qui a su attiré notre attention.
Coming Of Oracle de Rao Heidmets racontait l’histoire de l’humanité et le cycle de la vie d’une manière décalée et en utilisant différentes techniques d’animation.
Sabrina de Sergio Colmenar, une « conversation » entre trois personnages devenue monologue par la force des choses nous a totalement séduits. Tous les ingrédients du court métrage y sont réunis avec en plus un thème complètement en accord avec le festival.
Ce court a logiquement reçu les prix du jury jeune et du jury. Il est passé très près du triplé, arrivant second pour le prix du public.
Zeec de Lee Ho-Rim, un futur où les robots ne sont pas les bienvenus.
La Victoria de Ursula de Nacho Ruiperez confirme l’excellente forme du film de genre espagnol qu’il soit long ou court. L’image de ce drame familiale est parfaite jouant sur les oppositions entre le rouge et les ambiances nocturnes. Cette jeune fille à la capeline pourpre qui débarque dans un cimetière avec pelle et valise s’avère particulièrement émouvante et convaincante.
The Renter animation de Jason Carpenter, malgré ses nombreux prix, nous a paru vraiment opaque. Nous ne sommes pas ‘rentrés dedans’.
Matriache de Guillaume Pierret (présent pour l’occasion de cette première diffusion mondiale ) renoue avec le genre polar. Dans un parloir, on assiste au face à face entre une mère et son fils et on découvre en flashes les événements qui ont provoqué cette situation. Belles réalisations, cascades bien orchestrées et chute intéressante.
Ce film a obtenu le prix du public.
Ecoutez notre interview avec Guillaume Pierret:l'interview sera rajoutée prochainement

 

Ciné Concert : «BLAST OF SILENCE» Interprété par le collectif FREAKS ON SUNDAY. Blast of silence est un film américain de 1961 , réalisé par Allen Baron. Un film de gangster en noir et blanc, dur, mesquin comme la vie. Le pari de Freaks on Sunday : supprimer la bande son, car le film n’est pas muet et jouer en live. C’était risqué. La performance était intéressante, mais je reste un peu sur ma faim. J’aurai aimé avoir plus de mélodie différente et plus d’intensité dans l’interprétation. Cela dit, la projection fut intéressante à voir.

 

Le dernier long-métrage de la compétition Crawl de l’australien Paul China (présent avec son frère Benjamin,scénariste du film) nous a beaucoup plu.
Véritable hommage aux thrillers (leurs références revendiquées étant Hitchcock, Polanski et les frères Coen), Crawl fonctionne fort bien. Le réalisateur, fort de son passé de critique de cinéma, s’est fait plaisir (et à nous aussi par la même occasion) en utilisant des plans travaillés, des flous étudiés et avec un personnage de tueur à gage décalé dont l’attitude frôle le ridicule. Les images sont magnifiques, les acteurs très bons. Rien à redire. Certains objecteront el côté ‘déjà vu mille fois’ du film, nous leur répondrons que c’est tout à fait logique pour un hommage ! Nous regrettons que le film n’ait pas été plus remarqué par les spectateurs.
Pour écouter l’interview de Paul et Benjamin China : Prochainement 

Apothéose du Festival, la cérémonie de clôture du festival a tenu amplement ses promesses.
Les lauréats qui n'étaient pas présents, ont en effet été contactés par Skype et ce fut un moment d’émotion collective de voir les vainqueurs des prix du jury jeune (Kotoko), du jury (Heavy Girls) et du prix spécial (Marianne).
Guest star pour remettre les prix du public, Delphine, la détentrice d’un pass qui assiste fidèlement à toutes les séances de chaque édition du festival.
Le festival s’est achevé par la diffusion de l’avant première du film Walk Away Renee  de Jonathan Caouette mais nous n’avons malheureusement pas pu rester par manque de temps.

Pour écouter l'interview d'Elsa Lunghini (Membre du Jury) : prochainement

Depuis une annonce a été faite : il y aura une nouvelle édition du festival en 2013. Rendez vous est pris.