
Date de sortie : 03.04.2026
Label : Napalm Records
NERVOSA are:
Prika Amaral – Vocals, Guitars
Helena Kotina – Guitars
Hel Pyre – Bass
Emmelie Herwegh – Bass
Michaela Naydenova – Drums
NERVOSA online:
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NAPALM RECORDS
01_Impending Doom 4:25
02_Slave Machine 3:53
03_Ghost Notes 4:27
04_Beast of Burden 3:23
05_You Are Not A Hero 3:57
06_Hate 4:09
07_The New Empire 3:00
08_30 Seconds 3:20
09_Crawl For Your Pride 3:14
10_Learn or Repeat 3:04
11_The Call 3:04
12_Speak in Fire 3:16
NERVOSA frappe plus fort, plus vite, plus juste. Slave Machine ne laisse aucune porte de sortie.
Sixième album. Même ADN thrash. Mais quelque chose a changé dans la mécanique interne de NERVOSA. Prika Amaral, fondatrice et guitariste, assure une fois de plus le chant, comme sur Jailbreak sorti en 2023. Elle l'admet sans détour : à l'époque, elle n'était pas « chanteuse ». Trois ans de tournées intenses plus tard, le corps a suivi, les muscles aussi. Sur Slave Machine, sa voix est tranchante. Ce qui colle à la musique. Cette confiance nouvelle l'a poussée à explorer des registres inédits : des harmonies légèrement distordues, mélodiques sans être propres, que vous entendez notamment dans le pont du titre Slave Machine, où plusieurs couches vocales s'empilent pour donner une ampleur inattendue.
Autour d'elle, Helena Kotina à la guitare, Michaela Naydenova derrière ses fûts, et les deux basses avec Hel Pyre et Emmelie Herwegh, toutes ensemble, elles forment une unité de frappe des plus efficaces. L'album a été enregistré avec Martin Furia, pour la quatrième fois. Cette collaboration est une pièce maîtresse de l'architecture sonore de NERVOSA. Prika Amaral précise que Martin Furia est quelqu'un qui sait tirer le meilleur du groupe sans dénaturer ce qu'il est. Production sèche, directe, deux tons en dessous du standard avec un son puissant qui reste. Chaque riff arrive à pleine vitesse.
Impending Doom ouvre sur une montée tendue, atmosphère de couloir qui rétrécit, avant que les guitares ne cisaillent et que la batterie de Michaela Naydenova ne pulvérise tout. Prika Amaral a choisi ce titre en ouverture pour son caractère épique et son intro qui appelle naturellement le reste de l’album. Une logique de flux plutôt que de tracklist construite à froid. Les paroles tournent autour du désespoir existentiel comme une orbite impossible à quitter.
Slave Machine, le titre éponyme, enclenche avec une vitesse supersonique, survolée avec un pont alternatif inattendu et des variations vocales très intéressantes. Le groupe parle ici d’aliénation collective, de perte d'identité dans les rouages d'un système qui digère les individus.
Ghost Notes déroule une avalanche de riffs, avec un joli solo de guitare. La dissolution de soi y est traitée comme une blessure ouverte.
Beast of Burden pousse sur le registre le plus lourd du disque. Du thrash old-school, gras et en colère qui avance comme un rouleau compresseur sans freiner.. Le portrait d'une obéissance mécanique sans désir. C’est agressif, puissant et tenace.
You Are Not A Hero a un refrain monumental, avec un chant saturé qui vous percute et vous secoue. Avec des riffs accrocheurs et un superbe refrain porté par un chant saturé qui monte comme un cri de révolte. Une critique frontale des faux sauveurs armés qui marchent au nom de la vie les yeux pleins de guerre.
Hate est une déclaration d'hostilité immédiate, avec des guitares très en avant. Un titre qui parle du plaisir malsain de la destruction, mais décrit de l'intérieur. Quelle vélocité sur ce titre qui accélère sans cesse. Un assaut frontal dès la première note, violent et direct, avec un solo éclair qui intensifie encore l'agressivité.
The New Empire est le morceau le plus ouvertement politique du disque. Prika Amaral le dit : 1984 de George Orwell est son livre préféré, et ce qu'elle décrit n'est plus de la fiction. La surveillance permanente, le téléphone comme caméra intégrée dans chaque poche. La dystopie n'est pas une métaphore ici, c'est un constat. Le titre vous propose des accélérations implacables sur des riffs millimétrés qui invitent au headbanging immédiat.
30 Seconds monte en intensité, chœurs qui gonflent, portrait de l'addiction aux écrans, sans être une condamnation des réseaux sociaux en bloc, précise Prika Amaral, mais une question sur les limites, sur le moment où le scroll devient une fuite. Une belle montée en puissance progressive portée par des chœurs qui enflent et une tension qui ne redescend jamais.
Crawl For Your Pride mêle riffs tourbillonnants et instants d'aération avant un solo concis : les textes parlent de résilience après une relation toxique. Des riffs très entrainants qui se chantent en chœur et bien fort. Un titre puissant avec des montées rapides qui vont faire des ravages en concert.
Learn Or Repeat alterne vélocité et passages lourds dans une structure circulaire qui épouse ses propres paroles sur les erreurs qu'on recommence. Un superbe titre de thrash avec encore une fois un solo de guitare ultra-rapide.
The Call concentre l'énergie en quelques minutes, solo final compris. Une alerte contre la manipulation algorithmique des consciences. Ça va très vite et droit au but. Un concentré de ce que le groupe sait faire de mieux : un thrash ultra-rapide qui va toujours plus vite, plus loin, plus fort.
Speak In Fire clôt l’album avec une nouvelle variation : un chant presque parlé, des chœurs massifs et puissants sur le refrain, des guitares aériennes et des riffs qui coupent comme des coups de hache. C’est-à-dire à la fois puissants et tranchants. Prika Amaral le définit comme le portrait d'une addiction acceptée : on connaît le prix, on le paie quand même, convaincu d'avoir le contrôle alors qu'on ne l'a plus depuis longtemps. La pire des machines à asservir est celle qu'on porte soi-même.
Par rapport à Jailbreak, le son est plus nerveux, plus sombre, plus organique. Cela vient en partie de l'influence de Michaela Naydenova, très ancrée dans le groove moderne à la Lamb of God ou Gojira, qui a poussé Prika Amaral et Helena Kotina à sortir de leur zone old-school et à injecter des riffs plus groove dans leur écriture habituellement plus tranchante. Le résultat est quelque chose que NERVOSA n'avait jamais fait. Dans une scène thrash souvent tournée vers ses propres archives. Avec Slave Machine le groupe avance sans concession.
Xavier
Pour en savoir plus : interview de Prika Amaral prochainement en ligne sur notre site.