Date de sortie : 30.01.2026
Autoproduction

 

 

Necropolis brûle, les Titans attaquent : MAGOYOND vous embarque de force. Le quatuor français décolle avec Zeppelin, prolongeant l'univers dystopique créé par le groupe. Six titres qui tracent l'exode d'une cité condamnée vers une destination inconnue, portés par un metal théâtral hanté, avec des passages symphoniques et des arrangements aériens. L'attente était énorme : le crowdfunding record de 129 000 euros fin 2024 est le plus gros financement metal européen de l'année ! Cette somme colossale a permis d'enregistrer à nouveau avec un orchestre symphonique et le chœur Poséidon. Le mastering a été confié au talentueux Tony Lindgren (Devin Townsend, Wardruna, Sepultura). Résultat : un son massif, cristallin, qui fait tout exploser dès la première écoute.

Le line-up s'affûte depuis des années : Julien "Le Mago" Escalas au chant et à la guitare. Arnaud "Aspic" Condé qui est à la basse, aux claviers, aux arrangements et à la direction de l’orchestre symphonique ainsi qu’à celle du chœur Posseidon. Bruno "Nobru" Guerzoni qui martèle la batterie. Victor "Vito" Bruzzi aux guitares lead. Ensemble, ils sculptent un univers où steampunk macabre et space opera se marient à merveille. Les riffs de Vito cognent avec une lourdeur industrielle tandis que les orchestrations d'Aspic déploient des nappes grandioses, presque cosmiques. Le titre éponyme Zeppelin illustre parfaitement cette approche : transitions brutales, breaks où les claviers injectent des tempêtes synthétiques.

 

La seconde moitié de l’EP Zeppelin est purement instrumentale, ce qui laisse respirer chaque détail. La production, irréprochable, équilibre puissance brute et finesse orchestrale. La batterie de Nobru pulse comme un cœur enragé, la basse ronronne dans les graves, les soli de guitare lacèrent l'atmosphère. La musique se conjugue dans une belle rencontre avec les textes fantastiques (dans tous les sens du terme).

La voix de Julien « Le Mago » s'impose comme atout maître : spoken word scandé, passages saturés par petites touches qui crachent du feu, clarté désarmante. Ce mélange unique ancre le groupe dans une identité vocale reconnaissable entre mille. Julien devient le narrateur maudit de cet exode apocalyptique, propulsant les morceaux. Le Départ ouvre l'album en proclamant la chute de Necropolis, seules consignes données aux citoyens : monter à bord ou combattre les Titans qui cernent la ville. Pavillon Noir bascule dans un registre plus sombre : la gorgone Médusa règne en maître sur le vaisseau, pétrifiante, ordonnant destruction et anéantissement. Les paroles commandent de hisser les pavillons noir et rouge, d'annihiler tout espoir : du metal pur et dur, qui transforme chaque chanson en scène de film catastrophe. Exil plonge dans la dérive existentielle, errance infinie parmi les ombres, perte d'humanité et faim destructrice. Le temps semble figé, les réfugiés enchaînés dans cette cage volante, prisonniers d'une éternité qui les dévore. Léviathan change de décor avec cette quête mythique dans les abysses pour arracher l'œil du roi serpent, sphère qui révèle l'avenir. Maelström sonore où le monstre déchire les ténèbres. Enfin, We Come in Peace clôt l’EP avec une ironie glaçante : une arrivée sur Terra pour une invasion masquée par un message de paix. Les paroles "Fear not" sont de nombreuses fois répétées avant de révéler la vérité : la faim de sang et de cerveaux. Du second degré macabre qui gifle.

Zeppelin marque une continuité naturelle de Necropolis, avec une belle montée en puissance. L'univers s'étend, se densifie. On pense à Therion pour les orchestrations sombres, à Rammstein pour le théâtral industriel, avec une touche française fantasmagorique. Imaginez un jeu vidéo légèrement rouillé entre machine, Silent Hill, mâtiné de Lovecraft, qui serait traduit en métal symphonique alternatif. MAGOYOND s'inscrit dans le renouveau du genre, loin des clichés, vous transporte vers un territoire fantastique et dangereux en ce début d’année 2026.

Six titres pour un voyage sans retour.

 

Xavier

l'interview de Julien "le mago" : lien ici