
Date de sortie : 28.08.2026
Label : Klonosphere
Line-Up :
Nicolas Alberny: guitars
Benoît Claus: bass
Julien Deyres: vocals
Mathieu Pascal: guitars
Karol Diers: drums
Artwork : Hugo Gravel https://www.hugogravel.com/
Track listing :
01 - Signs
02 - Devise
03 - Forgiveness
04 - Regret
05 - Crimson
06 - Ignite
07 - Ember
08 – Remains
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Gorod signe un sublime album avec The Ember Gone, disponible le 28 août chez Klonosphere. Le quintet bordelais explore depuis près de trente ans les territoires du death metal technique, et cet album contient aussi des ambiances progressives. Leur ambition : utiliser leur virtuosité pour évoquer notre civilisation qui joue avec le feu jusqu'à s'y brûler.
« Signs » ouvre l’album sur une voix sombre, presque murmurée. Guitares entrelacées, batterie qui vous propulse, solo marquant : le death technique du groupe frappe fort d’entrée de jeu. Les paroles installent déjà le concept de l'album, celui d'une humanité aveugle aux signaux d'alerte, condamnée à répéter ses erreurs. « Devise » prolonge cette exigence technique avec un rythme qui vous garde en suspension permanente. Les paroles y règlent leurs comptes avec les faux sages et les discours d'autorité vides.
« Forgiveness » constitue un des moments forts de The Ember Gone. Le morceau démarre en douceur, porté par des guitares qui résonnent et des voix graves en arrière-plan, avant que le chant clair ne surgisse et que la tension monte crescendo. Basse et guitares claquent, puis le growl massif de Julien Deyres libère les instruments dans des passages techniques d'une précision redoutable. Le texte convoque le mythe de Prométhée : le feu volé pour éclairer le monde devient un brasier entretenu sans retenue. Le narrateur refuse la repentance facile et préfère assumer, sans détour, la nécessité de continuer.
« Regret » avec une introduction technique et quasi symphonique, joue sur les effets stéréo, avec des violons, avant que le metal ne s'impose, à la fois violent et ciselé. Derrière cette architecture complexe se cache une urgence climatique : les incendies avancent, les arbres brûlent, et l'espoir s'amenuise à mesure que l'action se fait attendre. « Crimson », est un titre instrumental, qui laisse les guitares occuper le devant de la scène, tandis que la batterie et la basse déploient des variations qui entretiennent une dynamique constante tout au long du morceau.
« Ignite » apporte davantage de groove et multiplie les surprises rythmiques, dans une atmosphère prenante. Le titre porte le cœur conceptuel de l'album : Prométhée, l'industrie, le pétrole, l'acier, les glaciers qui fondent et les déserts qui progressent. Le feu donné pour vivre devient l'instrument d'une destruction méthodique.
« Ember » offre ensuite une respiration délicate, un interlude planant où les notes de guitare et de basse semblent flotter, avant l'assaut final.
« Remains » referme l'album toutes griffes dehors : ruptures abruptes, chant doublé pour plus d'impact, guitares techniques et nappes de synthé sur la fin de la chanson qui montent en puissance. Le texte y dénonce le pouvoir comme illusion nourrie par la peur, promettant la chute de toutes les tours bâties sur le sable, et pose une question simple : que restera-t-il après nous ?
Dans The Ember Gone la technique des musiciens ne sert pas la démonstration pure : elle devient le vecteur d'une tension dramatique construite autour du mythe prométhéen et de ses résonances écologiques contemporaines. The Ember Gone confirme la trajectoire d'un groupe qui a fait de la complexité un langage émotionnel à part entière, et qui continue d'élargir son territoire album après album.
Xavier