
Date de parution : 29.01.2026
Editions Delcourt
https://www.editions-delcourt.fr/la-bete-du-nord
Scénariste : Oscar Martin
Illustrateur - Coloriste : Leonel Alexis Castellani
Série : La Bête du nord
Collection : Hors collection
EAN : 9782413088325
Dimensions : 24.8 x 33.9 x 1.5 cm
Nombre de pages : 72
Il y a des lectures qui continuent de gronder longtemps après votre lecture. La Bête du Nord, signée Oscar Martin au scénario et Leonel Alexis Castellani au dessin, est de cette trempe.
Ce one-shot de 72 planches est une aventure inédite du Cimmérien, avant qu'il ne règne sur aucun trône. Conan, un barbare, débarque dans Hud-hund Engaun comme on entre dans un coupe-gorge : les yeux ouverts, la main sur la garde. Il se retrouve rapidement avec un contrat simple : récupérer la fille kidnappée d'un chef de clan de voleurs. Un plan simple pour regonfler sa bourse, mais qui se révèle être une spirale de complots et de trahisons dans laquelle chaque allié possible cache un couteau dans son dos. La mécanique narrative d’Oscar Martin est bien huilée : on croit tenir le fil, mais un rebondissement vous le retire des mains avec un plaisir évident.
Oscar Martin ne cherche pas à réécrire du Robert E. Howard, il s'en nourrit. L'esprit des pulps originaux est là, intact, reconnaissable, dans une ambiance de dark fantasy : des alliances de sang qui tiennent le temps d'une nuit, des hiérarchies criminelles qui se disputent la ville mètre carré par mètre carré, une violence brute. Ici, pas de chevalier, pas de cause noble. Juste un homme avec son épée, qui navigue dans un monde dans lequel la morale est une notion abstraite. Ce Cimmérien-là n'est pas héroïque parce qu'il choisit le bien. Il est fascinant et charismatique. Lui qui n’a aucune attache et donne toujours son maximum.
Et les personnages secondaires sont aussi hauts en couleur : le chef de clan qui embauche Conan, sa fille que l’on pensait être une frêle victime et qui surprend, les sbires aux visages marqués par des années de survie. Chacun complote, chacun se bat pour des intérêts différents.
Le dessin de Castellani est, pour sa part, une claque à part entière. Son trait énergique, nerveux, sculpte une ville poisseuse, des corps tendus, des affrontements lisibles et brutaux. Le découpage joue sur les contrastes : plages larges qui laissent l'action respirer, cases serrées qui accélèrent le rythme jusqu'à l'impact. Les teintes oscillent entre le chaud ambré et le bleu métallique selon les atmosphères, donnant à chaque séquence une identité visuelle propre. C'est du travail de Leonel Castellani en tant que coloriste-dessinateur complet qui fait que l'image ne sert pas seulement l'histoire, elle en est indissociable.
La Bête du Nord est une belle héritière des textes de Conan. Elle perpétue la légende: elle lui redonne du muscle, de la sueur et de la densité. Un hommage habité, porté par deux auteurs qui connaissent leur sujet jusqu'au bout des os. Oscar Martin et Leonel Castellani savent que la meilleure façon de rendre hommage à un mythe, c'est de ne pas le ménager.
Pour les amateurs de Conan, c'est une évidence. Pour les autres, c'est peut-être une belle porte d'entrée pour ensuite remonter aux origines du mythe.
Xavier