
Date de parution : 14.01.2026
Editeur : Morgen
https://www.morgen-bd.com/livres/train-de-nuit-dans-la-voie-lactee
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Le label handmade est mis à disposition sous un régime libre de droits et d’usage. Il atteste que l’œuvre sur laquelle il figure a été réalisée sans recours à des procédés d’Intelligence Artificielle.
176 pages
210 x 285 mm
Relié
EAN 978-2-3872-5000-1
Giovanni a douze ans, une mère malade, un père qui travaille loin de la maison et des camarades qui se moquent de lui. Le soir de la Fête de la Voie lactée, il quitte la fête, monte sur une colline, s'endort. À sa grande surprise, apparait un train à vapeur surgissant du cosmos, prêt à partir vers l'espace. Il retrouve dans le wagon son camarade de classe Campanella.
Adrien Demont adapte ici un texte fondateur de la littérature japonaise : un conte écrit par Kenji Miyazawa au début des années 1920, après la mort de sa sœur cadette. Un texte dont l'empreinte sur la culture nippone est comparable à celle du Petit Prince en France. Morgen, jeune maison d’édition, dont c'est le premier titre, l'accueille en album cartonné de 176 pages.
Le voyage de Giovanni et Campanella à travers la galaxie est moins un périple spatial qu'un cheminement intérieur. Le train s'arrête, embarque des voyageurs énigmatiques, repart. Chaque rencontre effleure un thème : la mort, le deuil, le don de soi, l'amitié. Le récit n'explique rien. Il laisse résonner sa symbolique en vous. Les dialogues sont rares, les silences des moments d’introspection.
Adrien Demont est plasticien de formation (école des Beaux-Arts d'Angoulême) et ça se voit à chaque planche. Sa technique est surprenante : une craie brute, travaillée en négatif. Le trait garde sa rugosité, ses irrégularités. Rien de digital. Les personnages sont presque fantomatiques, les étoiles pulsent comme des matières vivantes. Le résultat est à la fois vif et suspendu. Comme une sensation d'apesanteur qui correspond au sujet. Peu de cases au sens strict : les images respirent, se déploient, laissent l'œil dériver et voyager.
Le texte se fait discret. C'est un choix assumé : c'est l'image qui porte l'émotion, le mot qui la fixe ponctuellement. Cette économie narrative force une lecture lente, attentive, qui correspond exactement à ce que le récit demande.
Giovanni reste vulnérable du début à la fin de cette aventure. Un garçon courageux sans être héroïque, blessé mais sans pathos. Campanella, lui, apporte une chaleur discrète, une présence dont la valeur ne se révèle que progressivement. Leur lien, fait de silences partagés autant que de mots, porte tout le poids émotionnel de l'histoire.
Adrien Demont signe une adaptation fidèle dans l'esprit, libre dans la forme. Il vous propose de partager son langage graphique très personnel.
Admirable.
Xavier